Quelques dizaines de personnes ont manifesté samedi de 15h à 16h, devant l’ambassade bélarusse, située avenue Molière à Ixelles, pour réclamer la libération du journaliste d’opposition Raman Pratasevich et de sa compagne Sofia Sapega, interpellés lors d’un atterrissage forcé d’un avion européen à Minsk dimanche dernier, ainsi que de l’ensemble des prisonniers politiques. Les manifestants portaient des pancartes avec des messages comme "Liberté pour Pratasevich et Sapega" et "Non aux arrestations abusives". Des prises de parole ont été organisées.

"On estime qu’on doit faire usage de notre liberté pour ceux qui n’en ont pas et il nous apparaît vraiment critique qu’un pays continue d’appliquer la peine de mort en Europe", défend Christophe d’Aloisio, porte-parole de l’ONG d’inspiration chrétienne ACAT Belgique. "Notre organisation milite pour l’abolition totale de la peine de mort, quelles que soient les circonstances. […] On est convaincus que les déclarations de Raman Pratasevich, comme quoi il est bien traité en prison et qu’il a participé à l’organisation de troubles, ont été obtenues sous la torture, car les choses qu’ils sont en train de lui faire avouer sont passibles de la peine de mort dans le code pénal" bélarusse.

Les manifestants dénoncent de plus le recours à un détournement d’avion de ligne pour procéder à son interpellation, ce qui a généré une réaction de l’Union européenne. Cette dernière a en premier lieu fermé son espace aérien au Bélarus et a demandé aux compagnies européennes de ne plus survoler le pays. "On voit derrière un intérêt géopolitique de la Russie", continue le porte-parole. "Il n’y avait pas meilleur moyen d’éloigner son "petit frère" bélarusse de l’Union européenne, qui n’aurait pas pu tolérer cette "piraterie d’Etat". […]

"À partir du mois d’août 2020, il y a eu des grandes manifestations pour la démocratie comme on n’en avait jamais vues dans ce pays et beaucoup espéraient un renversement du régime, ce qui n’était pas à l’avantage de la Russie".