Bruxelles Le service Prévention souhaite collaborer davantage avec les parents et les communes voisines.

Les travailleurs de terrain molenbeekois ont réalisé de manière générale un très bon travail ce samedi lors de leur mission d’encadrement des jeunes, estiment la bourgmestre Françoise Schepmans (MR) et l’échevine de la Prévention et de la Jeunesse Sarah Turine (Ecolo). Parmi la centaine de jeunes ayant tenté de se rendre à la Bourse, pensant qu’une manifestation d’extrême-droite y avait bien lieu, une partie non négligeable ne venait pas de Molenbeek, mais d’autres communes bruxelloises, ont-elles également fait valoir. Pour éviter que de tels incidents ne se reproduisent, il faudra mettre en place une véritable collaboration, aujourd’hui inexistante, avec les services Prévention des autres entités, ajoute Sarah Turine.

Samedi après-midi, environ 400 personnes, principalement des jeunes et des riverains, se sont retrouvées devant le commissariat de police sur la place communale de Molenbeek, où une manifestation d’un groupuscule d’extrême-droite avait été annoncée et interdite. Malgré l’appel lancé vendredi par les autorités locales, demandant aux parents molenbeekois de garder leurs jeunes ce jour-là à la maison, un certain nombre de ces jeunes se trouvaient dans la rue. "Une grande partie des jeunes de la commune n’est pas venue. On savait néanmoins qu’il y aurait eu un rassemblement", précise l’élue Ecolo.

Pour Jamal Hida, responsable d’une grande partie des travailleurs de terrain de la commune et présent sur place samedi, il est compréhensible que l’impressionnant dispositif policier mis en place, tout comme la présence massive de journalistes, ait aiguisé la curiosité des jeunes. "Ce sont des jeunes et quand ils reçoivent des sms de copains leur disant qu’il y a des policiers et des journalistes partout, ils ont envie de voir", indique Jamal Hida. Celui-ci concède néanmoins que la journée de samedi n’a pas été facile à gérer pour lui et ses collèges. D’une part, de nombreux jeunes présents n’étaient pas molenbeekois et ne prêtaient donc aucune attention aux consignes d’éducateurs de rue locaux qu’ils ne connaissaient pas. D’autre part, la présence massive et très visible des policiers n’a pas aidé, selon lui, poussant les jeunes curieux à se réunir. "Cela n’était pas toujours facile pour nous, qui avons noué un lien de confiance avec les jeunes, de leur expliquer que les policiers étaient là pour les protéger", ajoute-t-il.

Reste également une question : aurait-il fallu fermer plus tôt la station de métro Comte de Flandre ? Pour Sarah Turine, la réponse est affirmative. La bourgmestre, elle, estime que la station a été fermée dès les premiers incidents. "Les jeunes ont commencé à arriver à 15h20, on a alors fermé la station immédiatement", indique la libérale.