Les participants se sont rassemblées à partir de 13h00 près de la Gare du Nord, où certains représentants des nombreuses associations et organisations participantes ont pris la parole. Parmi elles, figuraient entre autres des syndicats, le CNCD 11.11.11, Attac Bruxelles, la Coalition belge contre les armes nucléaires ou encore le CNAPD (Coordination Nationale d'Action pour la Paix et la Démocratie). Une personne d'origine russe et un ressortissant ukrainien sont également montés sur scène pour appeler à la désescalade.

"On appelle à un investissement pour le cessez-le-feu via des négociations et une diplomatie active", a défendu Ludo De Brabander, porte-parole de l'association Vrede. "Investir dans des négociations coûte moins cher que d'investir dans les armes. Après le conflit, que deviendront toutes ces armes en circulation ? On s'inquiète des budgets militaires qui augmentent... Ce n'est pas un destin, l'avenir que les gens souhaitent. Des milliards sont investis dans les équipements militaires, mais on ne trouve pas l'argent pour développer des technologies énergétiques alternatives et il y a aussi la question de l'énergie derrière cette guerre".

Les manifestants craignent aussi que cette surenchère armée ne mène à activer la menace nucléaire. Ils ont marché derrière un grand drapeau arc-en-ciel pour la paix jusqu'à la Gare Centrale. D'autres plus petits étaient dispersés dans la foule.

Un appel au soutien armé

En réaction à la marche, des Ukrainiens ont lancé dimanche après-midi un appel à soutenir leur pays qui ne peut que se défendre. Une délégation de l'organisation Promote Ukraine s'est rendue à la manifestation pour diffuser un message de paix différent de celui des participants. "Les organisateurs nous ont autorisés à venir comme observateurs", a expliqué Marta Barandiy, présidente de Promote Ukraine. "En discutant avec les gens présents, on a eu l'impression que beaucoup étaient venus pour manifester pour la paix en Ukraine, mais sans comprendre vraiment le message porté par cette manifestation, qui est de ne plus fournir d'armes aux Ukrainiens. Nous demandons au contraire d'envoyer des armes en Ukraine, mais c'est pour nous défendre, pas pour attaquer. Ce n'est pas nous qui avons déclaré la guerre. C'est Poutine. Notre armée n'était pas prête et sans armes face à la grande Russie, on ne peut que se rendre. Je ne pense pas que les participants soient vraiment pro-russes, mais le message qu'ils transmettent sert les intérêts de Poutine".

Et d'ajouter que si les pays de l'OTAN en venaient à ne plus alimenter l'Ukraine en armes, cela mènerait à la disparition de cette nation et que cela ne comblerait pas pour autant les ambitions du président russe qui pourrait poursuivre son avancée vers l'ouest. "On veut la paix, mais on ne veut pas payer le prix fort et voir la nation ukrainienne disparaître", a conclu Marta Barandiy.

Si de nombreuses ONG et certains mouvements très à gauche de l'échiquier politique manifestent pour appeler à investir plus largement la voie de la négociation, des Ukrainiens remarquent que celle-ci repose nécessairement sur un rapport de force.

"Pour autant que ce soit de bonne foi, c'est une approche extrêmement naïve", estime un ressortissant ukrainien né en Belgique et actif dans la diaspora. "C'est très bien d'être pacifiste, mais en face Poutine est loin d'être une personne de bonne composition. Il lance des bombes au phosphore et thermobariques sur la population et il faudrait laisser faire pour ne pas enclencher une escalade. Je comprends la peur de la bombe atomique, mais Poutine continuera son avancée expansionniste... On a des raisonnements rationnels dans les pays occidentaux et on s'imagine mettre en oeuvre des négociations d'égal à égal, mais Poutine n'est pas dans une approche rationnelle. Pour les Russes, tous les moyens sont bons pour parvenir à leurs fins. Il y a des paroles en l'air, des mensonges éhontés...".