Les manifestants se sont rassemblés à la gare du Nord, alignant leurs véhicules en longue file le long du boulevard Roi Albert II, avant de partir en cortège serré vers le cabinet du ministre-président de la région, où ils rencontreront le chef du cabinet du ministre-président bruxellois Rudi Vervoort (PS) afin d’exposer une nouvelle fois leurs griefs. En signe de solidarité, Uber a temporairement fermé les réservations de véhicules sur son application entre 8h30 et 11h30. Il s'agit de la première suspension temporaire de l'application décidée par Uber en Europe.

Les chauffeurs réclament notamment une réforme du secteur passant par un nouveau plan Taxi en région bruxelloise, dont la première mouture était attendue pour l’été. “La situation reste inchangée et la pression sur les chauffeurs est totalement maintenue par des contrôles continus ordonnés par le gouvernement”, regrettent les organisations représentatives du secteur. En outre, “les agents de Bruxelles Mobilité ont progressivement instauré un climat anxiogène dans le milieu des chauffeurs LVC. Une ambiance qui épuise les chauffeurs qui partent sur le terrain la peur au ventre à l’idée de pouvoir se voir saisir leur véhicule, qui constitue leur unique outil de travail.”

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Le ministre-président Rudi Vervoort a cependant dévoilé mercredi une partie de l’avant-projet d’ordonnance du plan Taxi, qui prévoit notamment d’unifier le secteur sous un statut définissant des conditions d’exploitation identiques pour les exploitants et les chauffeurs, en distinguant deux sous-catégories : les taxis de station, soit les taxis classiques identifiables avec leur spoutnik dont les prérogatives permettent de profiter des places de stationnement réservées et des voies prioritaires ; et les taxis de rue correspondant à l’activité développée par les plateformes telles qu’Uber et Heetch, dont le maraudage électronique est le principal mode de réservation. Un système de tarification fixe et dynamique est également prévu en fonction des opérateurs, ainsi que la révision du numerus clausus.

D’autres problèmes en rapport seront mis sur la table, comme le blocage des nouvelles autorisations pour exploiter un service LVC ou la question de la revalidation des licences qui arrivent à expiration au bout de cinq ans.