Bruxelles

Le personnel hospitalier entend bien poursuivre le mouvement de protestation, jusqu'à être entendu.

Augmentation de la charge de travail, emplois précaires, hyper contrôle permanent et exposition aux risques d'erreurs : le personnel soignant des hôpitaux bruxellois ne veut plus travailler dans de telles conditions, stressantes et peu reconnaissantes de ses compétences. Des mouvements de grève ont ainsi été initiés par le personnel hospitalier du réseau public de la capitale. Aujourd'hui, celui des cliniques privées se joint à la protestation. Alors que le syndicat libéral CGSLB a déposé un préavis de grève pour le 20 juin prochain, les infirmières de plusieurs hôpitaux, soutenues par la CNE, syndicat du secteur marchand, poursuivent l'opération "Mardi des blouses blanches".

Concrètement, des brassards noirs et des autocollants seront distribués au personnel soignant dès demain matin, en guise d'avertissement et de protestation. "Le brassard noir symbolise le deuil que l'on fait de la profession : si nous avons choisi ce métier, c'est avec l'idéal de pouvoir soigner nos patients. Malheureusement, les conditions actuelles de travail ne nous permettent plus de l'exercer correctement", explique Evelyne Magerat, secrétaire permanente à la CNE. Et pour cause, les infirmières dénoncent une augmentation des cadences, des temps partiels involontaires ainsi qu'une dynamique de rentabilité au détriment de l'humanité. 

Mardi midi, de 12h30 à 13h, elles se rassembleront donc à l'entrée de leur hôpital respectif. Sont concernés par ce mouvement les hôpitaux Delta (Auderghem), Ste-Anne St-Rémi (Anderlecht) et les Cliniques universitaires Saint-Luc (Woluwe-Saint-Lambert). "Le personnel de l'hôpital Saint-Jean devrait aussi y participer. Pour des raisons pratiques, il le fera depuis son service, sans descendre à l'entrée du bâtiment."

L'action Mardi des blouses blanches était à l'origine prévue tous les mardis du mois de juin. Le personnel hospitalier semble néanmoins prêt à poursuivre le mouvement bien après si rien ne bouge. "Le mouvement est en train de s'amplifier. Mardi 18, le personnel soignant de certaines maisons de repos devrait d'ailleurs se joindre à nous. On organisera des animations pour l'occasion", précise Evelyne Magerat qui rappelle qu'il n'y aura pas de sortie d'infirmières cette année, en raison de l'allongement du cycle d'étude de celles-ci. "A part celles qui ont doublé l'année dernière, aucune infirmière ne sera diplômée cette année. La pénurie de personnel va donc s'accroître, raison pour laquelle il faut agir dès maintenant."