L’hôtel du 346, avenue Louise s’est livré. Pour la postérité. Mise en images et textes d’une balise clé de l’architecture de Horta

IXELLES Bien qu’écrin primordial du maître, le 346, avenue Louise n’est pas ouvert au public depuis des lustres. Miracle de la restauration qu’orchestra son propriétaire, Michel Gilbert : la reconstitution à peu près à l’identique de la symphonie de Horta (1904) s’accompagne des 95 pages de Michèle Goslar.

Curieusement, le travail de la philologue romane de l’ULB “comble un vide” : jusqu’ici, nulle étude ne fut consacrée à cette maison que les esthètes identifient à la “quête de perfection et d’innovation” de l’architecte dont l’on célèbre la naissance, survenue il y a un siècle et demi.

Le contraire eut fait office de comble. Au fil du récit, l’ouvrage d’Avant-Propos (dynamique menue maison d’édition de Hervé Gérard, l’ex-boss de Racine) met en lumière - pour un rien, on aurait presque dit en perspective - les gigantesques beautés de l’œuvre. Tel ce jardin d’hiver que miss Hallet voulut futuriste pour ses fleurs et plantes chéries ou le gros plan de cette rampe boisée aux contorsions d’un cobra…

Côté histoire même du site, l’élégant format carré ne passe rien sous silence. Ni son absence de la liste du patrimoine mondial de l’Unesco qu’enrichissent toutefois les hôtels Tassel, Solvay et Van Eetvelde, de même que le musée Horta, de la rue Américaine. Ni le rafraîchissement premier (en 1977), par un disciple du créateur, Jean Delhaye. Ni, nettement plus tard, la magique réfection des vitraux par Jean-Marc Gdalewitch. Ni une approche circonstanciée du “génie mal-aimé”. Ni une biographie de Max Hallet, un avocat que son socialisme conduisit à la politique - à moins que ce ne fût l’inverse.

Sucre d’orge supplémentaire de l’opus de la passionnée, une chronologie des travaux de Horta le ponctue.

En savoir plus

Hôtel Hallet signé Horta 24,95 €, www.avantpropos.eu

www.events-at-horta.be.



© La Dernière Heure 2011