La partie civile et le ministère public ont plaidé et requis la culpabilité de l’accusé pour meurtre, mercredi, devant la cour d’assises de Bruxelles. Pour les conseils de la partie civile, Me Nathalie Buisseret et Me Isabelle Slaets, qui représentent l’ASBL Union des travailleurs du sexe organisés pour l’indépendance (Utsopi), l’accusé n’a pas choisi la victime au hasard, il l’a choisie parce que sa carrée était plus isolée par rapport aux autres dans le quartier de la gare du Nord de Bruxelles. L’accusé, un jeune homme de 21 ans, doit répondre du meurtre d’Eunice Osayande, une prostituée nigériane de 23 ans, commis à Schaerbeek en 2018.

"Retenez qu’il est certain qu’Eunice était toute seule ce soir-là. Sa carrée se trouvait dans le quartier des prostituées blanches, qui ne travaillent pas la nuit. L’accusé a fait le choix de cette personne installée au bout de la rue de Linné, qu’on peut plus facilement agresser", a plaidé Me Buisseret. Selon elle, l’accusé n’a donc pas choisi Eunice Osayande au hasard. Il était animé d’une intention d’agresser une femme.

L’avocate a également réagi au récit du parcours de vie difficile de l’accusé. "Il n’est pas une victime de la société comme j’ai pu l’entendre. Évidemment que non ! C’est inacceptable ! La société, elle a tenté de l’aider à plusieurs reprises", a-t-elle affirmé, rappelant que l’accusé avait été déféré à plusieurs reprises devant le juge de la jeunesse, qui avait mis en place différentes mesures d’encadrement et de réinsertion.

Eunice Osayande avait été tuée à coups de couteau dans sa carrée, située rue Linné à Schaerbeek, durant la nuit du 4 au 5 juin 2018. L’accusé est un jeune homme d’une vingtaine d’années, qui était mineur au moment des faits. La juge de la jeunesse s’était dessaisie de son cas, raison pour laquelle il a été renvoyé aux assises, la juridiction pour adultes qui juge les crimes.