Maître Olivia Venet, conseil de l'accusé, a plaidé l'excuse de provocation dans le chef de son client, lundi matin, devant la cour d'assises de Bruxelles. Selon elle, Gheorghita-Iulian Zaharia a bien commis un meurtre mais a été provoqué par la victime, en atteste un témoin qui l'a vu être frappé par celle-ci. 

Gheorghita-Iulian Zaharia, un homme âgé de 34 ans, est accusé du meurtre de sa compagne, Ulfet Akgül, commis en janvier 2018 à Schaerbeek. La défense a plaidé un meurtre avec excuse de provocation, à l'antithèse de la partie civile et du ministère public qui réclament, pour la première fois en cour d'assises en Belgique, une culpabilité pour meurtre avec circonstance aggravante de mépris à l'égard d'une personne de sexe féminin.

"La victime était ivre et il y a eu violence physique", a soutenu Me Olivia Venet. "Jamais je ne dirai que ce qui est arrivé est de la faute d'Ulfet Akgül. Mais ce que je pense c'est que dans le chef de mon client, son libre arbitre a été amoindri à cause de la dispute", a-t-elle dit.

Quant à la thèse d'un crime motivé par le mépris des femmes, Me Venet l'a vivement contestée. "Ce n'est absolument pas un crime de haine. Vous ne devez pas juger la question du féminicide dans notre société. On peut trouver que Gheorghita-Iulian Zaharia a une relation pathologique avec les femmes, on peut trouver qu'il a mal aimé Ulfet Akgül, qu'il a profité de son argent, etc. Mais ça reste un crime intrafamilial et pas un crime contre les femmes", a plaidé la pénaliste.

Gheorghita-Iulian Zaharia est en aveu d'avoir tué sa compagne, Ulfet Akgül, le 8 janvier 2018. Cette femme âgée de 43 ans a été retrouvée morte dans son appartement, avenue du Diamant à Schaerbeek, le 10 janvier 2018 vers 18h00. Elle se trouvait dans son lit, sous une couette, la tête enveloppée dans un sac en plastique serré autour du cou, et les pieds et poings liés.

Les médecins légistes ont déterminé que la mort remontait à environ 48 heures, soit au 8 janvier en soirée, et qu'elle était la conséquence d'une asphyxie provoquée par des manœuvres de strangulation.

Les enquêteurs ont également appris par la meilleure amie de la victime que cette dernière vivait depuis deux mois avec un homme prénommé Iulian. Celui-ci s'était installé chez elle. Ulfet lui avait toutefois confié qu'elle commençait à ne plus supporter son petit-ami.

Gheorghita-Iulian Zaharia a été arrêté le 18 janvier à Lille (France), repéré parce qu'il utilisait les cartes bancaires de la victime.