Bruxelles

La défense demande le report du procès, pour cause d'absence de témoins "importants". La Cour suivra-t-elle ?

La cour d'assises de Bruxelles a ajourné le procès de Tarek Ladhari lundi vers 16h30, afin de délibérer sur les conclusions déposées par la défense et la partie civile. Elle rendra son arrêt mardi matin à 9h. La défense comme la partie civile demandent le renvoi du procès à une date ultérieure, après avoir constaté que plusieurs témoins importants ne seront pas présents. Dans ce dossier, Tarek Ladhari est accusé du meurtre de Denis Debouverie. Ce dernier était propriétaire de plusieurs restaurants dans le quartier de l'Ilot Sacré à Bruxelles. Il avait été découvert mort, égorgé, dans son bureau situé dans la Petite rue des Bouchers, le 10 septembre 2008.

La défense, Me Olivier Martins et Me Caroline Poiré, a déposé des conclusions au terme desquelles elle demande que le procès soit reporté à une date ultérieure. La partie civile, représentée par Me Nathalie Gallant, a également déposé des conclusions allant dans le même sens. Les deux parties ont toutes deux déploré lundi, au premier jour du procès, que plusieurs témoins étaient annoncés comme absents, notamment la juge d'instruction qui a mené l'enquête et deux inspecteurs qui ont mené des investigations de première importance. Selon elles, le procès, qui aux assises repose sur l'oralité des débats, ne peut donc pas se tenir dans l'état actuel. Le président de la cour, Michel De Grève, a suspendu les débats lundi vers 16h30 afin de délibérer sur la question. Il prononcera son arrêt mardi matin à 9h. 

Tarek Ladhari, un homme d'origine tunisienne âgé de 64 ans, est accusé d'avoir tué Denis Debouverie. Ce dernier lui louait le restaurant "La Petite Fontaine", situé juste en face du restaurant "La Vieille Ville", au-dessus duquel Denis Debouverie avait son bureau et son appartement, dans la Petite rue des Bouchers à Bruxelles. Denis Debouverie possédait la plupart des restaurants de l'Ilot Sacré, centre historique de la capitale qui comprend la rue Grétry, la rue de la Fourche, la rue des Dominicains, la rue des Bouchers et la petite rue des Bouchers. Il vivait des loyers, plutôt élevés dans ce quartier touristique, de ses biens immobiliers. Le 10 septembre 2008, Denis Debouverie, âgé alors de 74 ans, a été découvert sans vie, étendu sur le sol de son bureau, l'artère carotide sectionnée. 

Les analyses génétiques d'échantillons prélevés sur la scène de crime ont mis en évidence le profil ADN de l'accusé à deux reprises. Tarek Ladhari a toujours nié être impliqué de près ou de loin dans le meurtre de celui qui était surnommé le "roi de l'Ilot Sacré", tout en admettant que des conflits d'argent les opposaient. L'enquête a révélé que Denis Debouverie avait des litiges avec d'autres de ses locataires. L'un d'eux lui avait envoyé une lettre de menaces en août 2008.