Bruxelles débarque en Chine avec 53 entreprises, à l'occasion de la mission économique en présence de la princesse Astrid.

"Quelle est, approximativement, la taille du marché bruxellois ?", demande en toute bonne foi Hunter Shi à Pascal Smet (one.brussels), CEO de la jeune PME basée à Shenzhen Onebot. Plutôt que d’avouer la petitesse du marché bruxellois par rapport à la ville de Shenzhen, le secrétaire d’État bruxellois en charge du Commerce extérieur insistera sur le fait que Bruxelles est la porte d’entrée de l’Europe, qu’elle compte près de 200 nationalités, qu’elle accueille les plus grands leaders d’opinion d’Europe, etc. Malin… Parce que face à la Silicon Valley Valley chinoise passée de 30 000 à 17 millions d’habitants en moins de 40 ans, Bruxelles ne pèse pas lourd.

Et pourtant. Hunter Shi compte bien investir dans la capitale. Ou plutôt, y imposer ses vélos et scooters électriques légers et pliables, parfaitement adaptés aux nombreuses côtes bruxelloises. "Nous avons déjà un représentant à Bruxelles. Nous planifions d’y ouvrir un magasin", explique-t-il, tout en rappelant qu’en tant que jeune PME, il va y aller "step by step".

Pierre Marcolini, superstar en Chine

Si Bruxelles attire certaines entreprises chinoises, l’inverse est également vrai. Dans le cadre de la plus grande mission économique belge jamais organisée en Chine, Bruxelles entend jouer un premier rôle. Comment ? En passant, entre autres, par les médias chinois, tels sa participation au célèbre talk show de Shenzhen Talk to Claire. En participant à plusieurs salons spécialisés, en organisant une foule de réunions entre potentiels futurs partenaires, etc.

Face à la Flandre (4,7 milliards d’euros d’exportation, 6,7 milliards d’euros d’importations) l’an passé, Bruxelles fait figure de petit-poucet avec 68 millions d’euros d’exportations et 184 millions d’euros d’importations en 2018. Néanmoins, le marché chinois présente un enjeu économique fondamental pour la Belgique, donc Bruxelles.

"C’est le troisième client de la Belgique", rappelle la CEO de hub.brussels (l’agence régional en charge du développement économique de la RBC) Isabelle Grippa, qui ajoute que "les trois régions arrivent en Chine avec des positionnements assez différents", peu de chances donc qu'elles se marchent sur les pieds. Même si Bruxelles ne représente que 1,32 % des exportations belges en Chine, elle mise sur plusieurs secteurs forts. Parmi les 53 entreprises bruxelloises présentes en Chine lors de cette mission, dix sont des cabinets d’avocats, notamment spécialisés en droit des affaires internationales du fait de la présence de l'Europe à Bruxelles.

Solvay, déjà 40 ans de présence

Bruxelles positionne également son expertise lifestyle. La mode, bien évidemment mais aussi le chocolat. Pierre Marcolini est, ici, un véritable ambassadeur sur savoir-faire gastronomique bruxellois. De nombreux bureaux d’architectes viendront également présenter le Bruxelles, smart city de demain. C’est, à titre d’exemple, le cas de Marc Appelmans, du bureau d’architectes Sum Project, en charge notamment du réaménagement des boulevards du centre.

Impossible d’oublier Solvay, qui fêtera ses 40 ans de présence en Chine (3 000 employés tout de même), la nouvelle "pépite" bruxelloise Numeca spécialisée en aérodynamisme, le "pharma" UCB, les chocolatiers Godiva, Leonidas et Neuhaus, Scabal, Wolfers, Delvaux ou encore Moulinsart (et sa boutique Tintin à Shanghaï). Bref, du très beau monde.

Si tout se déroule comme prévu, quatre ou cinq entreprises bruxelloises devraient signer des contrats avec leurs partenaires chinois durant cette mission économique. Et plus si affinités…