"Pendant la crise, on a fait appel à la solidarité des citoyens pour protéger les personnes les plus à risque et les plus vulnérables. Les gens ont répondu de façon assez extraordinaire à cela, en acceptant de renoncer à des choses très importantes pour protéger les plus faibles", a relevé Marius Gilbert, chercheur en épidémiologie, directeur de recherche FNRS (Fonds de la recherche scientifique).

"Aujourd'hui, on est face à des personnes qui ont des demandes par rapport à des droits fondamentaux. Cette même solidarité peut et doit nous animer, par rapport aux personnes qui sont aujourd'hui les plus vulnérables au moment où on sort de cette crise liée à la pandémie", a-t-il poursuivi. "Les personnes sans droits, les sans-papiers, ont été fortement affectés par la crise parce que toute l'économie informelle a été fortement touchée par les mesures sanitaires. (...) Elles ne demandent pas la lune. Elles demandent des droits fondamentaux et de pouvoir travailler de façon légale."

Des organisations de la société civile ont appelé les citoyens à réaliser pendant 24 heures des visites de solidarité pour soutenir la demande des sans-papiers de critères clairs de régularisation.

Le secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Sammy Mahdi (CD&V) a cependant rappelé que des régularisations exceptionnelles pour raison humanitaire existent, mais estime que "l'exception ne peut devenir la règle", selon un de ses tweets. "Il n'y aura pas de régularisation collective et celui qui donne de l'espoir aux grévistes de la faim jette de l'huile sur le feu".

"Les sans-papiers sont les grands oubliés de l'accord du gouvernement", a déploré lors de la mobilisation Alexis Deswaef, coprésident de la plateforme citoyenne de soutien aux Réfugiés BXLRefugees. "Des économistes et des sociologues disent que des sociétés comme la nôtre doivent à intervalles réguliers prononcer une amnistie sur les papiers et régulariser, parce que c'est du win-win, d'abord pour les personnes concernées mais aussi pour notre collectivité. L'économie au noir nuit à l'État et régulariser les travailleurs permettrait des rentrées dans les caisses publiques. On doit construire le monde d'après la pandémie (...) en comptant sur cette force de travail-là, dont on a besoin."

L'événement solidaire est entre autres soutenu par le Ciré, le Mouvement ouvrier chrétien (MOC ), les syndicats CSC et FGTB, l'association Pax Christi Vlaanderen, le comité ULB-VUB de soutien aux sans-papiers, la Fédération des étudiants francophones (FEF), la plateforme citoyenne BxlRefugees et l'Union des progressistes juifs de Belgique (UPJB).

Des sans-papiers ont occupé l'église fin janvier, puis également les réfectoires de l'Université libre de Bruxelles (ULB) et de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) début février pour réclamer l'élaboration de critères clairs de régularisation, tenant par exemple compte du travail et de l'ancrage des personnes. Le groupe rassemble quelque 475 personnes en comptant les enfants, qui ne font pas la grève de la faim, selon l'estimation de représentants des sans-papiers. Les grévistes sont environ 430.