Bruxelles

La section locale prône aussi de rétablir le dialogue avec les jeunes.

Cette semaine, Catherine Moureaux (PS) est revenue sur les débordements qui ont eu lieu dans la nuit du nouvel an à Molenbeek. Dans une interview pour la VRT, la nouvelle bourgmestre expliquait qu'elle aimerait notamment "parler aux parents et trouver des solutions structurelles pour empêcher ces jeunes d'être dans la rue la nuit. Nous travaillons actuellement à l'élaboration d'un plan visant à réunir autour de la table les services de prévention, de jeunesse et d'urgence." Elle évoquait également l'idée de mettre en place davantage de fêtes afin d'éviter que celles organisées par les jeunes de la commune ne dérapent. Des propos qui ont provoqué de vives réactions sur la toile, tous partis confondus.

Du côté de la section locale de Défi, l'intervention de la bourgmestre a aussi fait réagir. "La réponse que j'entends n'est pas la réponse que j'attendais. Je m'attendais à quelque chose de plus concret qu'organiser des fêtes de quartier. Elle évoque d'autres mesures vagues mais on ne doit plus tergiverser, il faut du pragmatisme et des réponses plus concrètes", intervient Michaël Vossaert, conseiller communal à Molenbeek et président Défi pour la Région de Bruxelles-capitale.

Pour sa part, il prône une réparation des dommages par les casseurs eux-mêmes. Des sortes de travaux d'intérêt généraux ou d'actions citoyennes. "Il faut une sanction qui a valeur de citoyenneté et d'éducation. Il y a eu plein de réactions de la société civile qui ont permis de dire que Molenbeek ce n'est pas que cela. On ne peut pas accepter que ces gens cassent pour casser. Il y a un malaise derrière, une colère et il faut pouvoir répondre à cela. Quand je vois que la majorité parle d'organiser plus de fêtes, on passe à côté. La vraie question est de savoir comment on peut rétablir la confiance, le dialogue et comment on amène des personnes vers un chemin qui leur permettra de trouver leur place."

Et pour ce faire, le conseiller communal a plusieurs idées qu'il soumettra dans une motion lors du prochain conseil communal. D'une part, il voudrait instaurer des rencontres qui permettraient de créer du dialogue entre les jeunes et les acteurs de la commune en lien avec l'emploi. "Nous avons un devoir d'information envers les jeunes mais il faut aller là où ils sont, dans les clubs sportifs ou les maisons de jeunes. On les informerait sur les formations, les métiers en pénurie, etc. Ce ne serait pas un salon de l'emploi mais surtout un échange d'informations." L'objectif visé? Permettre aux jeunes de trouver ou de retrouver une place à part entière au sein de la société.

D'autre part, Michaël Vossaert voudrait aussi recréer le dialogue entre les jeunes et les acteurs de terrain afin d'accompagner les Neets (Not in Education, Employment or Training), autrement dit, les jeunes qui ne sont ni en formation, ni aux études et sans emploi. "Les acteurs de terrain sont le premier relais pour se retrouver dans un parcours pour décrocher un emploi ou une formation. Notre réseau associatif peut être mieux soutenu pour ce faire." Pour lui, la transmission de ces informations, l'échange et la confiance sont trois éléments qui permettront aux jeunes de retrouver une place dans la société.