La commune a décidé en urgence d'augmenter le montant de l'amende interdisant les pétards. Elle passe de 140 à 350 euros, alors que ces pétards sont accessibles en vente libre...

Le réveillon avait totalement dérapé l'année passée dans la commune de Molenbeek. Pour mémoire, des véhicules de police et de pompiers avaient été caillassés. Sept voitures avaient été incendiées et trois commerces vandalisés. Le tout avait mené à une vingtaine d'arrestations, dont deux judiciaires.  

Afin d'éviter pareil scénario, la commune a pris différentes mesures. Il a ainsi été décidé lors du dernier conseil communal de faire passer en urgence l'amende interdisant les pétards de 140 à 350 euros. Un point considéré comme "une aberration" par le chef de groupe CDH dans l'opposition Ahmed El Khannouss. "Il a été décidé d'augmenter dans le règlement général de police l'amende en cas d'utilisation de pétards, alors que ceux-ci sont pourtant vendus en vente libre et la commune n'a rien fait pour légiférer sur ce point."

Selon lui, cette mesure risque d'engendrer l'effet inverse à celui recherché, à savoir que de plus en plus de jeunes vont y avoir recours. "On le constate déjà maintenant, une semaine avant la Saint-Sylvestre ! C'est hallucinant car depuis l'annonce de cette augmentation, j'ai constaté qu'il y a déjà des dizaines d'endroits où les jeunes ont recours aux pétards, y compris dans ma rue."

Il s'interroge dès lors sur la manière avec laquelle la commune et la zone de police Ouest (Molenbeek, Ganshoren, Koekelberg, Berchem, Jette) vont bien pouvoir faire respecter cette interdiction. "Les jeunes ont recours aux pétards en groupe et je ne vois pas quel policier pourrait verbaliser d'autant qu'ils sont déjà en train de lancer des pétards une semaine avant le réveillon !"

Contacté, le cabinet de la bourgmestre Catherine Moureaux explique que cette mesure a été prise afin de provoquer un effet dissuasif. "En analysant la situation, l'amende n'était pas assez élevée que pour dissuader ceux qui voudraient y avoir recours. Il a donc été décidé en urgence d'augmenter cette amende. Il a été donné comme instruction à la police, lors de la journée et la soirée du 31 décembre, d'être extrêmement attentif à l'application concrète de ce règlement. La police sera extrêmement vigilante et on va essayer d'avoir une application proche de la tolérance zéro", explique Rachid Barghouti, porte-parole de la bourgmestre.

Pour le chef de groupe de l'opposition Défi, il s'agit là d'une "mesurette" qui aurait du être prise plus tôt. "Le fait d'augmenter l'amende peut exciter les jeunes, ou les dissuader. Plus globalement, ce qui s'est passé l'année dernière est inacceptable et c'est en partie à cause d'un manque de communication et une mauvaise délégation du pouvoir de la part de la bourgmestre qui était absente la nuit du 31. Il aurait selon moi fallu prendre des mesures préventives bien avant. J'avais proposé de créer un plan d'action emploi-formation-dialogue pour comprendre la place qu'on peut occuper dans la société, mais je n'ai pas été suivi. On arrive maintenant avec des mesures prises à la va-vite mais rien n'a été fait de manière globale", explique-t-il.