Bruxelles La bourgmestre de Molenbeek a raté sa première sortie TV de l’année sur la VRT. Ses ennemis s’en sont donné à cœur joie…

La première intervention télévisée de la bourgmestre de Molenbeek-Saint-Jean depuis les actes de vandalisme de la soirée du réveillon a tourné au fiasco hier.

Dans un néerlandais très approximatif - mais en néerlandais tout de même - Catherine Moureaux (PS) a tenu, dans l’émissi on Terzake sur la VRT, des propos qu’elle aurait pu - dû - nuancer si elle les avait proférés en français. "J’aimerais parler aux parents et trouver des solutions structurelles pour empêcher ces jeunes d’être dans la rue la nuit", a-t-elle déclaré. "Nous travaillons actuellement à l’élaboration d’un plan visant à réunir autour de la table les services de prévention, de jeunesse et d’urgence."

Mais c’est cette phrase qui a déclenché la polémique : "Als wij geen feest organiseren, organiseert de jeugd een eigen feest. En dan escaleert het en wordt het iets anders." Soit, en français : "Si nous n’organisons pas de fête, les jeunes organisent leur propre fête, puis ça dégénère et devient autre chose."

Les réactions d’une rare agressivité ont fusé de la part de la droite du MR - c’est dans la logique même des choses -, mais aussi de la part d’élus néerlandophones. Dont la secrétaire d’État Bianca Debaets (CD & V) : "L’analyse de la bourgmestre relève de la politique de l’autruche. Elle qualifie les scènes d’émeute et le vandalisme de fêtes de jeunes, comme cela se passe aussi à l’étranger. Le remède qu’elle propose est tout aussi risible : organiser des concerts pendant les fêtes de fin d’année. Mme la bourgmestre, il existe déjà des concerts à cette période ainsi qu’un feu d’artifice gratuit. Vous excusez des comportements qui ne peuvent pas l’être."

La députée Groen Elke Van den Brandt a elle aussi condamné la sortie de Catherine Moureaux par ces mots : "Brûler votre rue - au sens propre comme au figuré - n’est pas une fête, mais un comportement crapuleux."