Bruxelles Hier, le vice-président de la Commission européenne a découvert les talents de cette start-up molenbeekoise.

À peine de retour de Casablanca, Ibrahim Ouassari et toute l’équipe de MolenGeek ont reçu la visite d’une pointure de la Commission européenne hier : vice-président et commissaire en charge du marché numérique unique, le bien-nommé Andrus Ansip. "MolenGeek est un exemple de réussite belge et nous voulons qu’il en devienne également un pour l’Europe", a-t-il déclaré. "Il est resté deux heures, a découvert ce qu’on faisait, à quoi on ressemblait et, surtout, il est venu nous soutenir", témoigne le volubile Ibrahim Ouassari.

"Il a aussi été un peu déçu lorsqu’il s’est rendu compte que nous n’avions pas de sponsors européens alors il a lancé un appel pour que notre projet soit soutenu par des entreprises européennes", poursuit le Molenbeekois.

Le commissaire est venu féliciter la start-up molenbeekoise pour son tout frais partenariat italien, The Padua Tech Station by MolenGeek, un projet basé à Padoue. Lancée voici deux ans, cette start-up spécialisée en codage bénéficie déjà du soutien du groupe sud-coréen Samsung. Un autre grand nom américain devrait débarquer sous peu.

MolenGeek accueille déjà de nombreux entrepreneurs "qui gagnent très bien leur vie" dont l’objectif premier est de recruter du personnel. "Ils viennent ici, à Molenbeek, juste pour embaucher !", se réjouit Ibrahim Ouassari. Pourquoi ? "Car en venant régulièrement, ils connaissent les personnes, ils travaillent avec elles sur des projets, etc. Et parfois, ils décèlent des pépites, des gens plein de potentiel."

La plupart : des jeunes sans formation. "En Belgique, si on laisse tomber l’école avant la fin des humanités, on n’a pas le droit au chômage. Donc les jeunes ne vont pas s’inscrire chez Actiris, à l’Orbem. Ils ne vont même plus au CPAS depuis que les conditions sont devenues plus strictes. Du coup, on ne sait pas ce que deviennent ces jeunes."

Ce public, MolenGeek en a déjà capté 600 depuis sa création. "Aujourd’hui, notre communauté atteint environ 300 jeunes. Une centaine d’entre eux vient tous les jours. 60 % en journée : il s’agit de jeunes patrons ou indépendants qui viennent de créer leur start-up, de chômeurs en formation, etc. Les 40 % restant viennent en soirée ou le week-end : celles et ceux qui cumulent travail ou études et qui lancent leur propre start-up, etc."

Une agence pour l’emploi 2.0 financée par le privé…