Le club de football pensionnaire du stade Edmond Machtens est attaqué en justice pour plusieurs ardoises non-payées.

"L’année passée, tout l’équipement du White Star est sorti de mon magasin. Ballons, maillots, shorts… C’est moi qui ai tout fourni au club, que ce soit pour l’équipe première ou pour l’école des jeunes ! J’espère bien gagner mon procès contre le club et récupérer l’argent qu’ils me doivent !", explique le propriétaire du magasin We Are Football situé dans le centre de la capitale. L’équipementier, qui a saisi la justice pour tenter de récupérer 30.000€, n’est pas le seul commerçant réclamant de l’argent au club pensionnaire du stade Edmond Machtens.

L’an dernier, à l’aube de la saison 2015-2016, We Are Football, une enseigne spécialisée dans l’équipement pour footballeurs située au 6 du boulevard Adolphe Max, se met d’accord avec le White Star. En échange d’un chèque annuel de 150.000€, le club recevra, durant trois ans, les équipements et les ballons nécessaires à son équipe première et son école des jeunes. "Au prix des articles dans le magasin, la marchandise livrée valait 300.000€ et non 150.000€. J’avais fait cette grosse ristourne vu que c’était une grosse commande", explique le gérant de We Are Football.

Finalement, au début de l’été, le commerçant se résout à réclamer environ 30.000€ de factures impayées au White Star devant un tribunal. "Cette histoire a clairement fait du mal à mon entreprise. John Bico (NDLR : le dirigeant du club), m’a sorti plein d’excuses, puis, un jour, ne m’a plus répondu", se désole l’indépendant. "L’affaire vient d’être défendue. On attend le jugement dans un mois", ajoute, de son côté, son avocat, Maître Mark Ballon.

L’équipementier n’est pas le seul commerçant se plaignant, depuis des mois, de factures non réglées par le White Star. Du côté de l’hôtel Belvue, un établissement situé le long du Canal, la facture s’élève à 12.000€. Ses responsables ont également porté l’affaire devant les tribunaux. Il est également question d’un restaurant et d’une chaîne de magasins d’alimentation générale situés sur le territoire de la commune.

L’affaire concernant le magasin d’alimentation pourrait s’avérer embarrassante pour la section locale du MR. C’est parce que le président du conseil communal Michel Eylenbosch lui avait donné sa parole qu’il serait payé, que le commerçant avait accepté de faire crédit au club de football. Après de nombreux mois sans être pris au téléphone, le chef d’entreprise ne cache désormais plus son agacement.

Contacté ce lundi, le libéral, qui occupe une fonction dirigeante au sein du club, n’a pas souhaité faire de commentaire. "Ce commerçant n’avait qu’à demander une facture au White Star", a néanmoins ajouté le conseiller communal. De son côté, John Bico n’a pas donné suite à nos demandes d’éclaircissements sur le sujet.

Le White Star occupe le stade Machtens après s’être engagé auprès de la commune de Molenbeek, propriétaire des lieux, de prendre en charge l’école des jeunes, qui compte près de 600 enfants. Une école dont les entraîneurs sont en grève, depuis deux semaines, réclamant les paiements auxquels ils ont droit.


Des parents préparent la riposte

Alors que de nombreux entraîneurs de l’école des jeunes refusent, depuis deux semaines, de donner entraînement tant qu’ils ne sont pas payés et que tous les enfants ne reçoivent pas leur équipement, plusieurs parents réfléchissent actuellement à une riposte juridique. Un certain nombre d’entre eux ont rencontré lundi soir l’avocat Vincent Lurquin afin de réfléchir aux différents scénarios permettant à l’école des jeunes de poursuivre ses activités indépendamment du White Star. "On doit se réunir ce soir pour voir ce qui pourrait être entrepris", a expliqué, dans la journée de lundi, Maître Lurquin.