Bruxelles

Loubna, une Molenbeekoise de 34 ans, mère de trois enfants qui est décédée à Maelbeek lors des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016.

Ce mercredi, la commune de Molenbeek a décidé de rendre un hommage particulier à Loubna, une Molenbeekoise de 34 ans, mère de trois enfants qui est décédée à Maelbeek lors des attentats de Bruxelles du 22 mars 2016. Professeure de sport dans une école, elle se rendait à son travail en empruntant la station Maelbeek où elle décéda.

Pour lui rendre hommage, une place à son nom sera inaugurée à l’occasion des deux ans des attentats : la place Loubna Lafquiri qui se situe entre le boulevard Edmond Machtens et l’avenue De Roovere. À cette occasion, une immense stèle en son honneur sera dévoilée ce mercredi. Créée par un marbrier molenbeekois, elle sera déjà installée ce mardi.

C’est un bloc de granit norvégien pesant près d’une tonne et mesurant un mètre sur trois que Gaetan Slootmans, qui travaille dans l’établissement Petré, spécialisé dans la taille de pierres et la fabrication de monuments funéraires, a choisi de travailler. "Nous avons choisi une tranche de la croûte de la pierre pour donner un effet brut. C’est un choix esthétique mais aussi une facilité au niveau du timing et du budget", explique le marbrier.

Sur la stèle se trouve un message de paix en néerlandais et en français de Mohamed El Bachiri, son mari qui, malgré la douleur, a sorti, il y a quelque mois, Le jihad de l’amour, un livre dans lequel il appelle à la tolérance et à la fraternité. Une gravure à l’effigie de Loubna est également installée au centre de la stèle.

C’était la première fois que Gaetan créait un monument commémoratif. Après avoir répondu et gagné l’appel d’offres de la commune, il n’a eu que quelques semaines pour finaliser la stèle. "J’ai dû imaginer quelque chose tout en suivant les avis de la commune et ensuite je me suis procuré les matériaux chez des fournisseurs belges", explique-t-il. "Le challenge c’était le timing serré. Cela demande aussi beaucoup de soin. De manière générale, dans mon métier on n’a pas le droit à l’erreur."

La grande difficulté de la réalisation a été le contact avec la famille reconnaît le marbrier. "Le mari est venu avec des albums photos pour choisir celle à partir de laquelle nous réaliserions la gravure. Ce n’est pas évident de choisir cela ensemble, ce n’est pas facile de se retrouver devant ce monsieur mais de manière générale, le contact funéraire n’est jamais évident."

Pour Gaëtan, c’était un honneur d’avoir pu réaliser cette stèle commémorative.