Bruxelles

Le musée ouvre officiellement ses portes ce samedi, de 14h à 20h.

“La migration, je ne l’ai pas choisie. Je suis né au Maroc et je suis arrivé en Belgique quand j’étais petit.” Soudain ramené quelques dizaines d’années en arrière, Bachir M’Rabet se souvient : “Au début, c’était dur, surtout niveau scolarité parce que je ne parlais pas un mot de français.” Plus tard, l’éducateur apprendra à s’adapter : “On parlait la langue maternelle à la maison et le français à l’extérieur.” Au fil des ans, il se rend compte du fossé qui sépare parfois les générations. “Pour mon père, le retour au Maroc était une évidence mais moi je me suis construit en Belgique donc ma vie est ici. Aujourd’hui, je dis à mes enfants qu’ils sont ici chez eux.”

Cette histoire, c’est aussi celle de milliers d’autres Bruxellois (es). Comme Bachir, ils ou elles ont connu la migration. De près ou de loin, d’une manière ou d’une autre, ils ou elles ont connu le voyage, ses richesses et ses conséquences. Pour leur donner une voix, l’association molenbeekoise le Foyer travaille depuis plusieurs années à la création d’un musée de la migration. Un lieu qui mettrait en lumière le parcours des 184 nationalités qui font de la capitale ce qu’elle est, une ville cosmopolite et fière de l’être.

© De Sutter Nathan

Demain, samedi 12 octobre, ce lieu prendra officiellement vie et vous invite à célébrer son ouverture, tout au long de l’après-midi. L’occasion de découvrir gratuitement les trois étages qui le composent. Au premier, votre visite débutera par un parcours pédagogique sur les grandes étapes de la migration. À côté, des témoignages et des vitrines illustrent les textes explicatifs, leur donnant corps. “Certaines vitrines sont vides car elles accueilleront les témoignages de visiteurs”, explique Loredana Marchi, la directrice du Foyer.

Au deuxième étage, le musée expose la migration dans son contexte global. Au sol, des épaves de bateau retrouvées au large de Lampedusa, tristement célèbre île italienne, rappellent la dureté de la réalité actuelle. Autour, des œuvres d’Elia Li Gioi rendent compte de la situation des réfugiés à leur arrivée aux côtes méditerranéennes.

© De Sutter Nathan

Dernière étape du parcours, le rez-de-chaussée est un espace accueillant destiné à faire émerger des discussions. “Chacun peut retirer quelque chose de sa visite. L’objectif est de susciter l’empathie, l’émotion.” Élaboré en coconstruction avec les Bruxellois (es) ayant accepté de témoigner, le message du Musée se veut résolument positif : “Si on n’est pas positif à ce sujet, on condamne 70 % de Bruxelles.” C’est au contraire la totalité de la capitale que le Musée espère accueillir. “De l’école primaire à l’université. De la femme de ménage de Molenbeek à l’enseignante d’Uccle. Ce musée est fait pour tout le monde.”

© Ennio C