De son côté, l'hôpital explique que jamais il ne mettrait une personne dehors si sa situation médicale ne le justifie pas.

Hospitalisée de manière permanente depuis quatre ans au service neuropsychiatrie du CHU Saint-Pierre, Naima Djerbi, 79 ans, a dû quitter l'hôpital ce jeudi alors qu'elle venait d'être prolongée pour un mois.

Le fils de Naima ne décolère pas. "La semaine dernière on nous a appris qu'elle allait être prolongée pour un mois au service neuro-psychiatrie. Mais suite à la vague de contaminations au coronavirus, on m'a annoncé ce mercredi qu'il fallait libérer des lits pour des cas plus urgents", fustige Franck Nouma. "La priorité est donc donnée à ceux qui sont atteints par le coronavirus, et les autres cas sont tout simplement mis dehors, faute de place."

Il explique que sa mère souffre de trouble dépressif majeur récurrent, d'angoisses, de pertes des facultés cognitives (perte de mémoire, difficulté de se mouvoir dans l’espace). "Son état psychologique nécessite l’assistance d’une personne de jour comme de nuit. Elle a été dégagée par l'hôpital suite à une décision uni-latérale prise par la chef de service en totale contradiction avec son diagnostic établi la semaine dernière indiquant la poursuite de l’hospitalisation pour une durée minimale d’un mois. C'est un scandale !", poursuit-il.

"Depuis ce jeudi 12h, ma mère s'est donc retrouvée lâchée dans la nature sans qu'aucun test de dépistage n'ait été effectué ! J’ai dû insister lourdement afin qu’elle puisse bénéficier d’un masque de protection à sa sortie et d’une paire de gants. Désormais, je dois lui trouver un nouvel hôpital. Les cliniques de l'Europe disposent du service adéquat mais la procédure prévoit que c'est au chef de service de Saint-Pierre de prendre contact avec d'autres hôpitaux pour organiser son transfert, mais rien n'a été fait", fustige-il.

Nous avons contacté le service communication du CHU Saint-Pierre, pour recueillir une réaction. "Nous ne pouvons pas communiquer sur la situation d'un cas médical spécifique. Tout ce que l'on peut dire, c'est que nous sommes un hôpital public dont le personnel fait preuve de beaucoup d'humanité. Jamais on ne mettrait une personne dehors si sa situation médicale ne le permet pas."