Mardi matin, les opposants au projet de la Ville de Bruxelles de construire une école sur le site naturel du Donderberg ont exposé leurs arguments lors de la commission de concertation prévue dans le cadre de la demande de permis d'urbanisme. De nombreux riverains ont également participé à la réunion qui s'est déroulée via l'application Zoom. "Nous étions environ une centaine de participants", indique Serge Malaisse, président de l'ASBL Laeken + Brussels. 

Cinq associations ont présenté leurs arguments lors de la réunion, il s'agit du Comité de riverains Donderberg, de l'ASBL Laeken+ Brussels, du collectif SaveDonderberg qui réunit les deux autres, l'Arau (Atelier de recherche et d'actions urbaines) et Natagora. Tous mettent en valeur le potentiel que représente cet espace pour tous les Bruxellois. "Il faut ouvrir cet espace et le rendre public", insiste par exemple, la chargée de mission de Natagora. C'est également depuis le début la requête de SaveDonderberg. "La réunion a duré cinq heures, cela démontre l'intérêt des riverains pour ce site naturel qu'est le Donderberg", souligne Serge Malaisse.

Dans leur présentation, les représentants du comité Donderberg (soit le comité de riverains), ont répondu aux propos de Philippe Close, (PS) bourgmestre de la Ville de Bruxelles, cette semaine dans nos colonnes, qui leur reproche de ne pas penser à l'intérêt public. "Nous ne sommes pas des Nimby (NDLR : Nimby est l’acronyme de l'expression "Not In My BackYard", qui signifie "pas dans mon arrière-cour". Le terme est utilisé péjorativement pour décrire l'opposition par des résidents à un projet local d’intérêt général dont ils considèrent qu’ils subiront des nuisances). J'habite rue des Horticulteurs. Je n'ai pas de confrontation visuelle directe avec le Donderberg, ni de jardin qui se termine dans le terrain, précise Stéphane Bocqué, membre fondateur du comité Donderberg. Notre comité fédère depuis dix ans des centaines de riverains. Nos positions et propositions sont citoyennes, solidaires et visent le bien commun et la qualité de vie pour tous les Laekenois, ce bien au-delà des limites étroites de notre quartier".

© VILLE DE BRUXELLES

Le comité de riverains a mis en exergue les conséquences du projet sur le quartier d'un point de vue mobilité tout d'abord. Pour le comité, les rues encadrant l’îlot naturel sont trop petites et étroites pour recevoir le flux de voitures inhérent aux rentrées et sorties d'école. Ensuite, le comité a rappelé que le quartier est classé en "zone critique d'inondation".

L'ASBL Laeken + Brussels s'est également penchée sur les besoins scolaires avancés par la Ville de Bruxelles. "Ce projet d'école avait du sens il y a 10 ans mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. La population scolaire diminue dans ce quartier. Perspective Brussels a réalisé une étude en se basant sur le quartier Houba qui serait délimité par la rue du Sacré Cœur. L'autre côté de cette rue c'est le quartier Parc Baudoin avec deux maxi écoles. Celles-ci ne sont pas prises en compte dans l'étude. Pour nous le besoin d'une nouvelle école n'est pas démontré".

Natagora, l'association naturaliste fédérale, a également défendu le site du Donderberg. "Nous nous sommes emparés du dossier car l'impact de ce projet immobilier sur la biodiversité est évident, souligne Amandine Tiberghien chargée de mission à l'origine du rapport. Le Donderberg est un terrain de pleine terre non imperméabilisé et non urbanisé. Ils sont rares dans la Région bruxelloise. Il fait d'ailleurs partie du réseau écologique de la Région et a été classé comme zone de développement. Cela signifie que c'est un site de haute valeur biologique potentielle qui contribue au maintien ou au rétablissement dans un état de conservation favorable des espèces et habitats naturels d’intérêt régional."

"Il a été prouvé que la biodiversité décline parce que les espaces naturels sont fragmentés. Les espèces sont coupées de leur habitat naturel, de l'endroit où elles se reproduisent, mangent ou dorment. Nous nous questionnons de l'intérêt de construire dans une zone de développement qui représente un tel intérêt. Il y a aussi beaucoup de vieux arbres qui sont menacés alors que ce sont nos alliés, qu'ils sont en danger à Bruxelles et qu'ils permettent pourtant un bon équilibre entre les espèces invasives et indigènes. C'est un espace de respiration dans la ville, un vrai espace naturel qui pourrait être ouvert et mis à la disposition des écoles. Il est nécessaire de garder un lien avec la nature même si on vit à Bruxelles".