Les manifestants s'étaient habillés en touristes. Ils portaient des chapeaux, des colliers de fleurs, des drapeaux et des vêtements aux couleurs de différents pays. Traînant des valises, ils arboraient le message "One Europe, one colour". Les touristes passaient librement les guichets de voyages européens, à l'exception des Belges à qui le passage était refusé.

Derrière cette mise en scène, la mobilisation du secteur des agences et organisateurs de voyages critique les changements abrupts de code couleurs et les restrictions belges de voyage, jugées plus strictes que celles des pays européens voisins.

"Cette cacophonie a provoqué une concurrence déloyale entre les prestataires des pays des différents États", expliquent les organisateurs dans leur communiqué. "Tous les pays sont en rouge pour nous, Belges, alors que les résidents d'autres pays comme la France et l'Espagne peuvent venir chez nous", remarque Maria-Pia Pellens, agente de voyage. "Nos clients peuvent partir d'une autre destination, comme Paris, mais pour nous, toutes les destinations sont bloquées." Un autre manifestant estime que les couleurs changent trop souvent: "Une zone passe au rouge puis, trois jours après, revient au vert. Mais entretemps, il a fallu annuler des voyages."


Les manifestants plaident dès lors pour une harmonisation dans la gestion des frontières entre les États membres de l'Union européenne face à l'épidémie. "On aimerait avoir une meilleure cohésion au niveau européen", explique Stéphane Ruime, gérant pour le réseau Gigatour Voyage Hélios. "Plutôt qu'une gestion par pays, il est temps de montrer que l'Europe sert vraiment à quelque chose."