L’échevine Ans Persoons annonce la réalisation, par une auteure, d’au moins une fresque par an.

L’édition 2016 du festival international de la bande dessinée d’Angoulême a une nouvelle fois créé la polémique en étant accusé d’un flagrant sexisme. Pire, depuis la création du festival en 1976, le Grand Prix n’a été décerné qu’une seule fois à une femme, Florence Cestac, en 2000.

Pour désamorcer les critiques, les organisateurs ont ajouté quelques femmes à la liste des nominés et c’est comme on le sait, le Bruxellois Hermann qui a remporté le Grand Prix. Fin de l’histoire…

Pas tout à fait. L’échevine de la Ville de Bruxelles, Ans Persoons (SPA), était présente lors du festival pour défendre la riche tradition bruxelloise en matière de 9e Art via notamment le parcours BD et ses 50 fresques disséminée allant de Tintin au Chat de Geluck.

L’échevine a été choquée par l’absence de femmes alors que le monde de la BD, "bien que pendant longtemps un bastion essentiellement masculin, compte désormais de brillantes auteures qui sont aujourd’hui des talents confirmés", constate Ans Persoons.

Mais encore faut-il balayer devant sa porte car, parmi les 50 fresques de la Ville de Bruxelles, pas une seule n’est l’œuvre d’une femme. "Cela n’a jamais été un choix conscient, mais ce constat est bien éloquent de la façon dont les hommes sont systématiquement préférés sans jamais de remise en question", autocritique l’échevine.

Pire, de Thorgal à Lucky Luke en passant par Corto Maltese, la plupart des héros du parcours sont des personnages masculins. Heureusement Natacha, Yoko Tsuno ou Martine sauvent l’honneur mais "les personnages féminins servent la plupart du temps à nourrir le stéréotype de la femme voluptueuse qui accompagne le héros intrépide", dénonce Ans Persoons.

Face à ces constats, l’échevine socialiste a décidé de faire bouger les choses. Chaque année, la Ville de Bruxelles réalise trois fresques BD. "Dorénavant, je proposerai par an au moins un dessin d’une auteure. Cela va sans doute susciter des réactions négatives du type la qualité du parcours en pâtira, il n’y a pas assez de femmes auteures , etc. Ce sont les arguments classiques lorsqu’il est question de quotas dans les conseils d’administration ou sur les listes électorales", déplore Ans Persoons, qui a déjà des idées pour les prochaines fresques avec des auteures comme Judith Vanistendael, Ilah ou Dominique Goblet.

"Les personnages belges les plus célèbres - à part les Schtroumpfs, mais ils vont bientôt débarquer - ont déjà tous une fresque. Il est temps de laisser la place à une nouvelle génération d’auteurs qui se définissent plus au travers d’un style qu’au travers d’un personnage", conclut l’échevine.