Le dixième centre de vaccination de la Région bruxelloise s'implantera sur le site de l'ancien laboratoire d’AstraZeneca situé au 110 rue Égide Van Ophem, à Uccle. En revanche, on apprend ce jeudi qu'un onzième centre n'est, pour l'heure, pas à l'ordre du jour. Cette annonce sonne comme une grande déception pour les habitants des communes de Watermael-Boitsfort et d'Auderghem, qui s'estiment lésées dans la répartition des centres bruxellois.

"La semaine passée, le ministre de la Santé Alain Maron évoquait l'ouverture d'un nouveau grand centre pour le sud de Bruxelles. On a ensuite appris qu'il allait ouvrir dans la commune d'Uccle, près de la gare de Calevoet. Mais ce lieu est beaucoup trop désaxé pour les habitants de Watermael-Boitsfort et d'Auderghem !", fustige Martin Casier (PS), député bruxellois. "Le centre est situé au fin fond d'Uccle. Depuis la place Wiener, il faut parcourir 43 minutes et faire trois changements de transports en commun pour y arriver. Cela n'a aucun sens d'autant plus que Watermael-Boitsfort est la commune bruxelloise avec le taux de personnes âgées le plus élevé de la Région, avec 20 % de la population qui a plus de 65 ans."

Selon lui, cette mauvaise répartition risque d'avoir des effets pervers quant à l'adhésion de la population à se faire vacciner. "On est déjà dans un débat de rejet par certains habitants de la question du vaccin et toute excuse va être utilisée pour ne pas y aller. Avoir un centre de vaccination de proximité aurait permis plus d'adhésion, et aurait constitué une barrière de moins au rejet du vaccin", explique Martin Casier. "Sur les réseaux sociaux, beaucoup de personnes ont affirmé qu'ils ne se déplaceraient pas."

Cette question a fait l'objet d'une interpellation lors de la commission Santé ce mercredi après-midi au parlement bruxellois. Il est ressorti qu'aucun centre supplémentaire n'est prévu pour le moment.

"Dix centres, c’est un maillage très performant pour une région comme celle de Bruxelles. Pour des raisons logistiques, de ressources humaines et d’efficacité, il n’est pas recommandé d’ouvrir un surplus de centres de vaccination. C’est pourquoi, nous avons essayé d’orienter les centres de vaccination en fonction de la densité de la population en lien avec le monitoring de quartier et de répartir ce quota sur l’ensemble du territoire", a expliqué Alain Maron.

A ce stade, il n’est donc pas prévu d’en ouvrir un onzième. "Comme depuis le début de la crise, nous nous adaptons à l’évolution de la situation et n’hésiterons pas à faire le point s’il y avait une nécessité d’en ouvrir un onzième. Nous sommes néanmoins attentifs aux remarques des communes qui n’ont pas de centre sur leur territoire. Dans l’est de Bruxelles, les centres de Woluwe-Saint-Pierre et de Woluwe-Saint-Lambert seront accessibles", précise le ministre. "Une attention toute particulière doit être portée pour la population moins mobile. En ce sens, nous étudions divers scénarios pour rendre cette vaccination accessible à toute la population bruxelloise tels que des équipes mobiles, des microsites locaux, un renforcement de la mobilité par des transports publics et/ou privés et bien d‘autres."

Le ministre va également demander à l’ensemble des bourgmestres de développer des initiatives locales qui viseront à rendre cette vaccination accessible à tous et à toutes. 

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