Bruxelles De retour aux affaires, le ministre de la Mobilité Pascal Smet répond aux attaques dont il a été la cible pendant sa convalescence.

Après deux mois d’absence pour raisons médicales, le ministre bruxellois de la Mobilité est revenu aux affaires le 1er janvier dernier. "Pendant quelques jours, ma vie n’a tenu qu’à un fil. Les médecins m’ont dit après coup qu’il y avait 20 % de chance d’y rester ", explique Pascal Smet (SPA) qui a souffert d’une sévère pneumonie et d’une déshydratation ayant entraîné des problèmes rénaux.

"Je remercie tous mes collègues du gouvernement bruxellois, dont mon remplaçant Guy Vanhengel qui ont tous été très corrects pendant mon absence" , déclare Pascal Smet qui estime cependant que certaines politiques n’ont pas respecté sa condition. "Attaquer quelqu’un qui n’est pas en mesure de répondre sur sa politique mais aussi de manière personnelle c’est très bas humainement !"

Le socialiste avait notamment été la cible du ministre fédéral Didier Reynders qui avait remis en cause sa représentativité à Bruxelles. Celui-ci avait également accusé Pascal Smet de ne mener aucune concertation avec les institutions européennes dans le cadre du projet de piétonnisation partielle de la place Schuman. En charge de Beliris, le libéral avait menacé de ne pas financer les travaux.

"Cinq bureaux d’architecte présenteront des projets dans le cadre d’un concours. Les plans pourront donc encore évoluer. Beaucoup d’Européens sont avec moi : alors que c’est l’une des places les plus filmées au monde, Schuman est aussi la place la plus moche du monde. Alors que cela devrait être une carte de visite de Bruxelles. Si le Fédéral ne veut pas payer, la Région prendra l’entièreté à sa charge. Ce chantage est inacceptable !" , rétorque Pascal Smet.

Dans le cadre du test de mobilité réalisé au rond-point Louise, le ministre bruxellois avait également dû essuyer des critiques de ses collègues de la Ville de Bruxelles où il siège pourtant dans la majorité. "C’est un bureau externe qui avait proposé cette configuration et toutes les communes concernées dont la Ville avaient marqué leur accord pour un test. Certains ont raconté que je faisais ça contre la voiture alors que c’était au contraire pour augmenter la fluidité. C’est l’un des problèmes du modèle bruxellois : dans une ville normale, Yvan Mayeur aurait décroché son téléphone pour me dire qu’il y avait un problème avec le test plutôt que de sortir dans la presse" , estime-t-il.

Loin de se décourager, ce dernier assure qu’il continuera de travailler avec tout le monde, même ceux qui sont selon lui de mauvaise foi. "Politiquement, Els Ampe, Didier Reynders et Vincent De Wolf ont une autre opinion sur la place de la voiture en ville. Pendant 50 ans, on a construit des tunnels, des autoroutes urbaines et réservé des squares à la voiture comme au Sablon. Mais ils voient le changement réel qui se passe en ville. Comme au football, c’est normal de tacler le joueur qui a le ballon. Avec des personnes comme Rudi Vervoort et Didier Gosuin, nous sommes en train d’opérer un changement de paradigme pour rendre la ville aux gens. Nous voulons des squares où les gens se rencontrent. C’est pour cela qu’on avait fait Flagey et qu’on va refaire les places du Miroir, Dumon et Schuman ou encore la Toison d’Or ", fait-il valoir.

Il y aura de nombreux chantiers durant les deux prochaines années, a annoncé le ministre Smet. Les tunnels de la Porte de Hal et du complexe Reyers seront rénovés tandis que les marchés pour les travaux du tunnel Léopold II devront être attribués cet été. Les boulevards Franklin Roosevelt, Général Jacques et la chaussée d’Ixelles seront également réaménagés sans oublier la Porte de Ninove. Le gouvernement bruxellois devrait prochainement donner son feu vert à la création de pistes cyclables sur la Petite Ceinture.

Une agence de com’pour les chantiers

“Depuis deux ans, nous achevons les chantiers dans les temps” , se félicite le ministre bruxellois de la Mobilité. Plusieurs chantiers ont, en effet, été bouclés dans les délais annoncés, si pas avec un peu d’avance. À titre d’exemple, citons les travaux sur les places Vanderkindere et Reine Astrid ou encore le carrefour Janson. Mais de son propre aveu, le ministre estime que l’affichage n’est toujours pas optimal. “Prenons le cas de la Porte de Ninove. Seuls les Bruxellois savent que nous allons faire un grand parc avec un tram en site propre. Mais les automobilistes qui sont dans les embouteillages ne savent pas pourquoi il y a des travaux. Il faudrait une grande affiche montrant comment ce sera après” , commente Pascal Smet (SPA). C’est la raison pour laquelle le gouvernement bruxellois a décidé de faire appel à une grande agence pour améliorer la communication des nombreux chantiers à venir. Le marché pour un contrat longue durée sera attribué par la Région dans les prochaines semaines. Le bureau désigné sera notamment chargé de créer une nouvelle identité et de mettre en place des mesures permettant d’informer les citoyens sur les travaux prévus dans leur quartier. Des points de contact seront prévus sur tous les grands chantiers.

Un plan pour les taxis en 2017 ?

En février prochain, cela fera déjà deux ans que le Plan Taxi du ministre bruxellois de la Mobilité a été recalé en gouvernement. Pascal Smet (SPA) assure qu’une nouvelle mouture est prête à être déposée sur la table du gouvernement régional. En ce qui concerne la concertation avec les acteurs concernés, le socialiste répond que les positions des uns et des autres étaient déjà bien connues. "Il faut maintenant prendre une décision qui va dans le sens de l’intérêt général en tenant compte des clients, des chauffeurs de taxis et de l’image de Bruxelles" , a-t-il commenté.