Depuis six ans, les bâtiments des musées d’Extrême-Orient sont fermés au public.

Les familles se baladent dans les allées, certaines s’arrêtent pour se prendre en photos. Des jeunes couples roucoulent sur les bancs. Les enfants s’amusent dans le bac à sable. Le jardin du Pavillon chinois, à Laeken, est très prisé par les riverains, surtout les week-ends et jours fériés. En plus d’abriter des essences rares et des magnifiques massifs, le jardin est réputé pour abriter deux des trois bâtiments des musées d’Extrême-Orient : le musée d’Art japonais et le Pavillon chinois.

Ces musées, composés également par la Tour japonaise, sont fermés depuis octobre 2013. Les entrées ont été condamnées par des planches pour empêcher le vandalisme et des barrières entourent depuis six ans les bâtiments. Ce qui offre un décor désolant aux visiteurs. "C’est vrai que c’est triste", reconnaît Nathalie Vandeperre, conservatrice des collections des musées d’Extrême-Orient.

La régie des bâtiments a décidé la fermeture des musées en raison de problèmes d’infrastructure qui mettaient en danger la sécurité du personnel et des visiteurs. Dans la foulée, les panneaux décoratifs de la bow-window (fenêtre en saillie) ont été démontés et la sécurité du site a été contrôlée. Le chauffage reste opérationnel au minimum nécessaire pour conserver les boiseries.

Une étude en cours

Pour le Pavillon chinois et le musée d’Art japonais, la régie des bâtiments a diligenté une étude pour les travaux urgents supplémentaires qui concernent les toits, les balcons et les parties en salle mais également le petit kiosque, la clôture et les portes d’accès. La première partie de l’étude s’est terminée en mars 2019. Un appel d’offres a été diffusé mais faute de candidats, les travaux ont été reportés. Un nouvel appel d’offres sera publié fin de l’année. Si le gestionnaire de l’immobilier fédéral trouve un entrepreneur, les travaux pourraient commencer en 2020.

La deuxième partie de l’étude qui concerne la restauration du Pavillon en lui-même est en cours. La régie des bâtiments espère lancer la deuxième partie des travaux en 2021. Ce qui repousse l’ouverture des musées en 2022, voire plus. "Toutefois, c’est encore conditionné par l’obtention des autorisations et permis exécutoires, rappelle Johan Vanderborght, chargé de communication pour la régie. C’est un site protégé, ce qui ralentit les procédures."

En ce qui concerne la Tour japonaise, les choses avancent plus rapidement. Le palier présentait des soucis de stabilité mais les travaux devraient se terminer fin 2020. Une autre étude complémentaire pour la restauration des massifs rocheux et de la Tour japonaise entière, soit les autres étages, devrait être programmée plus tard.

Les collections en attente dans les réserves

Pour ce qui est des collections des musées, "elles sont dans les réserves du musée Art et Histoire (NdlR : ancien musée du Cinquantenaire dans le parc du même nom) ", confie Nathalie Vandeperre. Une sélection de la porcelaine chinoise est exposée dans deux vitrines dans les salles chinoises du musée du Cinquantenaire, l’autre partie demeure dans les réserves.

"Les œuvres japonaises sont toutes dans les réserves. Elles sont sorties pour une grande exposition en 2017 et sont parfois prêtées pour des expositions temporaires au niveau national et international. Je mène aussi en ce moment des recherches sur ces objets." La conservatrice poursuit son travail au Cinquantenaire mais reconnaît : "Les musées de Laeken nous manquent."