Ce devait être un moment anodin. Comme chaque jour vendredi dernier, Peggy et fille promenaient leur chienne Blue, un berger belge Groenendael. "Elle est adorable ! Elle a 21 mois et est super gentille et sociabilisée." 

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Elles se trouvent sur la promenade le long du canal à Drogenbos lorsque sortie familiale tourne au drame. "Deux gros chiens ont surgi de nulle part et ont directement attaqué Blue à la gorge. J’ai hurlé et tiré comme une folle sur la laisse pour dégager Blue de leur emprise. Ils mordaient pour tuer, j’en suis sûre", raconte Peggy, non sans émotion dans la voix.

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Alors que la mère et la fille peinent à secourir leur animal de compagnie, leurs cris alertent les travailleurs d’une entreprise dont les locaux sont situés le long de la promenade. "Ils nous ont vues par la fenêtre et ont couru pour nous ouvrir la barrière. On a eu de la chance qu’ils soient là et nous permettent de nous mettre à l’abri. Ensuite, un monsieur très hautain est arrivé, affirmant que les deux chiens qui nous ont attaquées ne sont pas les siens mais ceux de sa société."

Peggy appelle immédiatement la police. "Par la suite, j'ai appris qu'en tout, six appels avaient été passés, probablement par des témoins qui passaient par là." Blue, elle, est en piteux état. "Dès qu'elle a vu les chiens, elle s'est directement soumise à eux. Elle s'est couchée et n'a plus bougé, elle était tétanisée. On a du lui faire plus de soixante points de suture. Le muscle de sa patte arrière droite est arraché. On lui a mis un drain et une plaque pour remettre son muscle."

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Les policiers auditionnent d'abord le personnel de l'entreprise, qui explique garder les chiens d'un collègue parti en vacances. Peggy, qui n'a pas sa carte d'identité sur elle au moment des faits, laisse sa fille de 21 ans porter plainte. "Elle a été blessée à la main en essayant de s’interposer. Ce n’est rien de grave mais elle a pris des antibiotiques pendant quatre jours au cas où les chiens n’ont pas été vaccinés contre la rage."

Lundi, Peggy a rappelé les policiers pour avoir des nouvelles de l'enquête. "Apparemment, les employé de la société gardent les chiens en cage toute la journée et ne les laissent sortir que dix minutes, le temps de nettoyer la cage. C’est pendant ce laps de temps que les chiens se seraient enfuis et nous ont attaquées." Elle a également informé son bourgmestre de la situation. "Il faut qu'il soit au courant. Il n'a pas fallu vingt minutes pour qu'il me réponde qu'il avait transmis mon mail à la brigade canine pour investigation. J'ai d'ailleurs pris une avocate : j'espère obtenir un dédommagement pour les énormes coûts que j'ai investis pour le chien."

Quatre jours après les faits, les deux femmes sont encore en état de choc. "C’est traumatisant. Psychologiquement, c’est violent. On a du mal à dormir, on revoit la scène en se demandant ce qu’on aurait pu faire de plus. En tant que maman, je n’ose pas imaginer ce qui se serait passé si ça avait été un enfant qui tenait la laisse."