La cour d'appel de Bruxelles a confirmé la peine d'un an de prison avec sursis prononcée en juillet 2020 à l'encontre d'un policier pour usage disproportionné de la violence à l'encontre d'un migrant soudanais, le 21 avril 2020, place Anneessens. Elle a cependant supprimé le sursis pour la peine d'amende, qui s'élève à 1.600 euros. "Les faits infractionnels commis par le prévenu sont très graves. Celui-ci n'a pas hésité à s'en prendre gratuitement à la partie civile, dans le cadre d'une intervention banale, alors que la partie civile ne faisait courir aucun danger ni au prévenu ni à ses collègues", a établi la cour dans son arrêt daté du 10 mars, dont Belga a pris connaissance lundi. "Rien ne justifiait ni les violences exercées vis-à-vis de la partie civile, qui sont totalement inacceptables, ni la destruction de son GSM, qui constituait pour elle un bien très précieux, lui permettant notamment de rester en contact avec les membres de sa famille", a souligné la cour.

Les faits se sont déroulés le 21 avril 2020 vers 22h15, à proximité d'un hôtel qui a accueilli des migrants durant la période de confinement, place Anneessens, dans le centre de Bruxelles. Des policiers ont procédé à un contrôle musclé de plusieurs personnes aux alentours de la place. L'opération visait à faire respecter l'interdiction de rassemblement liée à la pandémie de coronavirus. Les policiers ont emmené les migrants dans une camionnette pour les relâcher peu après au niveau du quai de Willebroeck. L'un d'eux avait aspergé du gaz dans les yeux d'un jeune migrant soudanais, âgé de 18 ans, après l'avoir plaqué contre un mur et avoir détruit son GSM avec sa matraque.