Le bourgmestre de Ganshoren a organisé une cérémonie d'hommage aux 60 ans de l'indépendance du Congo hier soir en la basilique de Koekelberg.

Hier soir à 18h, le bourgmestre de Ganshoren Pierre Kompany (CDH) a organisé une cérémonie en hommage aux soixante ans de l'indépendance du Congo en la basilique de Koekelberg. La cérémonie s'est déroulée en présence du ministre de l'Intérieur Pieter De Crem (CD&V).

En préambule à la cérémonie, Pierre Kompany a répondu aux questions de la chaîne régionale BX1. "Quand le roi présente ses regrets après 60 ans, je crois qu'il faut être honnête et être correct. Se dire, c'est un geste affectif. Je ne sais pas si vous avez entendu quelqu'une d'autre dire ça au palais royal", a expliqué le bourgmestre de Ganshoren.

"Quand un être humain est capable de porter un regard affectif, c'est déjà beaucoup et c'est un pas en avant. Prenons le pas en avant. Et faisons marcher le Congo et la Belgique dans une chaleur humaine qui leur revient", a conclut le maïeur sur BX1.

Pour mémoire, le roi Philippe a exprimé se "plus profonds regrets" avant-hier dans une lettre au Congo publiée dans plusieurs médias belges. En voici le contenu :

"En ce soixantième anniversaire de l’indépendance de la République démocratique du Congo, je tiens à vous adresser ainsi qu’au peuple congolais mes vœux les plus chaleureux.

Cet anniversaire est l’occasion de renouveler nos sentiments d’amitié profonde et de nous réjouir de la coopération intense qui existe entre nos deux pays dans tant de domaines, et notamment dans le domaine médical qui nous mobilise en cette période de pandémie. La crise sanitaire nous frappe au milieu d’autres préoccupations. Le partenariat privilégié entre la Belgique et le Congo est un atout pour y faire face. En ce jour de fête nationale, je souhaite réaffirmer notre engagement à vos côtés.

Pour renforcer davantage nos liens et développer une amitié encore plus féconde, il faut pouvoir se parler de notre longue histoire commune en toute vérité et en toute sérénité.

Notre histoire est faite de réalisations communes mais a aussi connu des épisodes douloureux. À l’époque de l’État indépendant du Congo des actes de violence et de cruauté ont été commis, qui pèsent encore sur notre mémoire collective. La période coloniale qui a suivi a également causé des souffrances et des humiliations. Je tiens à exprimer mes plus profonds regrets pour ces blessures du passé dont la douleur est aujourd’hui ravivée par les discriminations encore trop présentes dans nos sociétés. Je continuerai à combattre toutes les formes de racisme. J’encourage la réflexion qui est entamée par notre parlement afin que notre mémoire soit définitivement pacifiée.

Les défis mondiaux demandent que nous regardions vers l’avenir dans un esprit de coopération et de respect mutuel. Le combat pour la dignité humaine et pour le développement durable requiert d’unir nos forces. C’est cette ambition que je formule pour nos deux pays et pour nos deux continents, africain et européen.

Les circonstances actuelles ne permettent malheureusement pas de me rendre dans votre beau pays, que j’aimerais tant mieux connaître. J’espère que j’en aurai bientôt l’opportunité."