Bruxelles Vincent De Wolf (MR) redoute un report du trafic dans les voiries locales et plaide pour une révision du projet de réaménagement de la place Schuman.

Bien qu’il soit dans les cartons de la Région depuis novembre 2015, le projet de réaménagement de la place Schuman n’avait pas encore été présenté en détail au bourgmestre d’Etterbeek. "Il y a eu une réunion la semaine dernière en présence du commissaire du gouvernement bruxellois à l’Europe Alain Hutchinson. On tente de faire croire qu’il existe une concertation autour du projet alors qu’en réalité, celui-ci est déjà bouclé. La Région a déjà ses plans et s’apprête à désigner une firme", déplore Vincent De Wolf qui est également chef de l’opposition MR au parlement bruxellois.

Pour mémoire, le projet établi par le ministre bruxellois des Travaux publics Pascal Smet (SPA) vise à rendre le quartier européen plus convivial, notamment en réservant davantage de place aux piétons et en réduisant fortement le trafic automobile sur le rond-point Schuman. Concrètement, le projet actuel prévoir la création d’une zone piétonne allant du parc du Cinquantenaire au pied du bâtiment Europa, situé rue de la Loi. En voiture, il sera dès lors impossible de faire le tour complet du rond-point.

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"Les automobilistes qui empruntent la rue Froissart seront systématiquement renvoyés dans la chaussée d’Auderghem. C’est kafkaïen ! En fait, on dit aux gens de retourner d’où ils viennent…", s’énerve le libéral qui redoute également une hausse de la congestion dans les rues avoisinantes.

Selon les simulations réalisées par Bruxelles-Mobilité à l’aide du logiciel Musti, un outil de modélisation des déplacements, l’ensemble des quartiers riverains jusqu’à Evere subiront une augmentation de trafic à cause de ce réaménagement. Seul le rond-point bénéficiera d’une diminution de la congestion. "Ce sera également le cas pour l’avenue de Cortenbergh, principalement utilisée par les navetteurs, mais le nombre de véhicules restera malgré tout trop élevé et ne supprimera pas l’effet de saturation. En outre, il s’agit d’une simulation optimiste puisque l’ensemble du projet a été préparé sur base de données obsolètes datant de 2011 avec un modèle mathématique des années 50…", précise Vincent De Wolf.

Ce dernier qui se dit conscient de la nécessité de réaménager le cœur de l’Europe "qui ne ressemble à rien actuellement" émet plusieurs pistes de solutions. Une première option consiste à prolonger le piétonnier entre la rue Belliard et la gare de Schuman en poursuivant la couverture du chemin de fer telle que réalisée à la fin des années 90 afin d’améliorer la qualité de vie sans impacter sur le trafic routier.

Le libéral plaide aussi pour que la piétonnisation du rond-point Schuman se limite au tronçon de la rue de la Loi compris entre l’avenue de la Joyeuse Entrée et le rond-point, ce qui permettrait de connecter la place Schuman au parc du Cinquantenaire et de créer cette zone de rencontres voulue par la Région. Enfin, la chaussée d’Etterbeek pourrait, selon lui, être mise à double sens afin de décongestionner la zone.

"Pascal Smet veut étrangler Bruxelles !" 

"Le ministre Pascal Smet veut-il étrangler Bruxelles ? C’est ce que je pense. Sur la mobilité, il a une vision communautaire puisqu’il est favorable à un dédoublement des voies du Ring Nord et en même temps favorable à une réduction de l’E40", souligne le chef de groupe MR au parlement bruxellois Vincent De Wolf. 

Celui-ci reproche également au socialiste un manque de concertation avec les autorités locales dans toute une série de dossiers ayant un impact sur la mobilité : Schuman, E40, Franklin Roosevelt, Sainctelette… "En venant de la Basilique, une voirie du pont Sainctelette a été transformée en bande bus sans permis d’urbanisme. La phase-test sert de prétexte pour réaménager sans concertation." 

Le libéral se dit conscient de la nécessité de réduire l’usage de la voiture pour des raisons environnementales et de santé. "Le problème c’est que le ministre Smet semble penser qu’en supprimant des voiries, on supprime la voiture. Cela pourrait fonctionner si des alternatives avaient été mises en place. Mais sans parkings de transit et sans prolonger le métro, c’est irresponsable !", estime Vincent De Wolf. 

Dernier dossier en date qui a fâché le bourgmestre d’Etterbeek : le plan régional de stationnement. "L’ordonnance qui fixe une fourchette de prix avait été votée sous la condition que le ministre repasserait devant le parlement avec les arrêtés. Mais Pascal Smet n’a pas tenu parole et les arrêtés sont passés sans contrôle parlementaire avec une hausse importante du coût des cartes de dérogation pour les entreprises et les indépendants." 

Selon Vincent De Wolf, le mécontentement à l’égard du ministre de la Mobilité va au-delà de l’opposition. " Sa manière d’avancer seul dans les dossier et son caractère obtus gêne au sein même de la majorité !"

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