Après avoir déposé une série de plaintes individuelles au Comité P, plusieurs parents ont déposé une plainte pénale collective. En cause : la façon dont leurs enfants ont été traités par des policiers en marge de la manifestation contre la justice de classe le 24 janvier dernier.

Les parents, dont certains se sont rassemblés sous le Collectif des parents contre les violences policières du 24 janvier, estiment qu'une plainte collective a plus de poids que des plaintes individuelles. "On sait que les plaintes individuelles n’aboutissent pas pour la quasi totalité. En agissant ensemble, avec des personnes qu'on ne connaissait pas avant cette affaire, on veut casser le scénario habituel qui aboutit à une impunité", explique le porte-parole du collectif Alexandre Pycke.

Les plaignants ont ainsi été convoqués par un juge d'instruction. "Nous lui demandons de se saisir de cette affaire et de faire en sorte que tous les policiers présents à la caserne ce jour-là soient interrogés. Il faut que les policiers qui ont commis des violences assez graves sur des adolescents, par des coups, des insultes et du racisme, soient identifiés."

Outre cette plainte au pénal, les parents se tournent également vers le civil. "Le problème est beaucoup plus large que les faits du 24 janvier. On se rend compte qu'il existe un dysfonctionnement structurel au sein de la police. Il y a une sous-culture qui prospère au sein de la police et qui permet à certains agents de reproduire ces mauvais comportements. Ce volet au civil a pour but de pointer la responsabilité politique et de la hiérarchie de cette sous-culture. L'objectif est qu'elle soit régulée pour que ce type de comportements cesse."

Alexandre Pycke est le père de Simon, 16 ans, qui fait partie des 245 personnes arrêtées le 24 janvier. "Depuis les incidents, on a eu l'occasion de beaucoup en parler et de positiver le traumatisme. Cela passe par les plaintes mais aussi par de la discussion. Nous sommes dans une logique de parents qui demandent la justice et qui pensent qu'en se mettant tout ensemble autour de la table, on peut trouver des solutions. C'est pourquoi nous avons organisé un colloque virtuel le 4 mars dernier, avec des représentants d'association, du fédéral, des criminologues et des professeurs de droit."

Le collectif de parents a recensé 86 jeunes placés en cellule à la caserne d'Etterbeek, le 24 janvier après la manifestation. Environ une vingtaine dépose plainte, via leurs parents.