"Si nous confrontons les chiffres en pourcentage sur une base comparable et que nous tenons compte des investissements attendus de manière tout à fait raisonnable des communautés sur le territoire bruxellois, nous avons obtenu 8,8% de l'enveloppe nationale totale de 5,9 milliards d'euros, soit systématiquement plus que la part moyenne de 7,9% qu'aurait produit l'application stricte des quatre clés de répartition abordées dans la négociation, a-t-il soutenu.

Le ministre-président bruxellois a expliqué qu'une première version du plan avait été élaborée à partir des projets d'investissements des différentes entités pour un montant total d'environ 24 milliards, dont 1 milliard de projets émanant de la Région bruxelloise.

Le comité de concertation du 12 janvier 2020 a validé la répartition de l'enveloppe de 5,925 milliards d'euros finalement allouée à la Belgique dans le cadre de la «Facilité pour la reprise et la résilience » (RRF) comme suit: Fédéral, 1,250 milliard, soit 21% de l'enveloppe; Communauté/Région flamande 2,255 milliards; Région wallonne, 1,480 milliard; Bruxelles-Capitale 395 millions; Communauté française, 495 millions; Communauté germanophone, 50 millions.

Les montants attribués par l'Europe à la Belgique sont le résultat de l'application de critères fixés par l'Union européenne afin de soutenir les économies les plus fragiles et les plus impactées par la crise COVID.

Pour une première partie de l'enveloppe (70%), ces critères tiennent compte du PIB par habitant inversé ainsi que du taux de chômage. Pour une seconde partie de l'enveloppe (30%), la répartition tiendra compte de l'impact de la crise sur le PIB national en 2020 et 2021 (projections).

D'après Rudi Vervoort, "si cette méthode d'allocation de l'Europe avaient été appliqués à la lettre pour la répartition entre les 3 régions belges, la Région bruxelloise se serait vue attribuer une part bien moins importante de l'enveloppe, estimée à un peu moins de 260 millions, contrairement à ce que certains acteurs politiques ont prétendu, par méconnaissance du dossier ou par mauvaise fois".

Les considérations européennes ne s'appliquent pas aisément à un partage entre régions belges. Ces critères européens fondent cependant le montant total attribué à la Belgique.

Au cours des négociations intra-belges, la Région bruxelloise a plaidé pour un meilleur équilibre entre la prise en compte des critères européens et du rôle économique central de Bruxelles pour le pays tout entier, et la reconnaissance des des défis importants auxquels elle est confrontée au niveau socio-économique. Les quatre clés abordées ont été la clé européenne sur base du PIB mais partiellement déplafonnée, une clé « investissements », une clé « population » et enfin une clé « revenu » de la population "que nous avons mise en avant car elle est plus favorable à Bruxelles (14%) - précisément pour contrebalancer la clé PIB (richesse créée) et mettre en évidence le paradoxe urbain bruxellois (population moins riche)".

Hors part fédéral, 11% de l'enveloppe européenne iront à Bruxelles, a-t-il encore indiqué.

Comme ceux des autres entités, le gouvernement bruxellois va à présent resserrer sa liste de projets initialement déterminés pour un montant théorique d'un milliard d'euros, pour aboutir à un total de 120 à 130% de l'enveloppe bruxelloise, les projets devant encore faire l'objet de discussions avec les autres entités et avec l'Europe.