Les chauffeurs se sont rassemblés à compter de 09h00 avenue de Tervueren et se sont mis en route un peu après 10h30. Ils ont klaxonné sur leur trajet, qui passait par la rue de la Loi et la petite ceinture, et ont quelque peu perturbé la circulation en chemin. Ils se sont rendus en premier lieu au parlement bruxellois, où une délégation a pu notamment discuter avec les députés David Weytsman (MR) et Christophe De Beukelaer (Les Engagés (ex-cdH)). Ils ont par la suite fait valoir leurs revendications à un représentant du cabinet du ministre-président du gouvernement bruxellois Rudi Vervoort (PS). En fin d'après-midi, le ministre fédéral des Indépendants David Clarinval (MR) s'est entretenu virtuellement avec des représentants du collectif des chauffeurs LVC sous licences flamandes et wallonnes au sujet des aides qu'ils peuvent solliciter, notamment le droit passerelle de 12 mois pour les indépendants en faillite.

"On manifeste pour faire arrêter les saisies des voitures sous licences wallonnes et flamandes, mais nous voulons aussi montrer notre union pour le plan Taxi, qui se profile", a souligné au matin Fernando Redondo, le président de l'Association belge des chauffeurs de limousine (ABCL). Il a ainsi appelé les chauffeurs LVC sous licences bruxelloises à se mobiliser pour soutenir leurs collègues.

Le parquet de Bruxelles a octroyé début mars, moyennant une caution de 4.000 euros par véhicule, la mainlevée des saisies des voitures sous licences LVC flamandes et wallonnes. Cela concerne 30 et 40 véhicules depuis janvier. Les chauffeurs seront cités à comparaître devant le tribunal de police. Il lui incombera de décider si les charges avancées par l'agence régionale Bruxelles Mobilité pour justifier des saisies sont ou non établies. Si ce n'est pas le cas, les cautions versées seront rendues aux conducteurs. Le montant de 4.000 euros fixé correspond à celui de l'amende minimale qui peut être réclamée par le tribunal de police.

Une requête en annulation a par ailleurs été introduite début février devant le Conseil d'État par la société Uber, l'ABCL et l'Union syndicale des chauffeurs privés (USCP). Elle vise la note d'information de Bruxelles Mobilité, interdisant aux chauffeurs sous licences LVC flamandes et wallonnes de travailler à Bruxelles, qui a été annexée à l'ordonnance dite "Sparadrap".

A la suite d'une procédure judiciaire à l'initiative des représentants des taxis, la cour d'appel de Bruxelles a confirmé fin novembre que la pratique de la multinationale Uber était contraire à la réglementation régionale existante et des astreintes ont été fixées. Une ordonnance dite "Sparadrap" a alors été votée en décembre dans l'attente du plan Taxi qui doit revoir les règles du secteur.