Adopté une première fois en mai 2019, le Plan d'aménagement directeur (PAD) Josaphat a fait l'objet de nombreuses critiques. Des associations, comme Natagora, le BRAL et le collectif Sauvons la friche, le besoin de logement mis en avant par la Région il y a une dizaine d’années ne correspond plus aux besoins actuels de la capitale. Elles plaident ainsi pour la préservation de la faune et de la flore qui ont pris racine dans ces 24 hectares de nature répartis entre Schaerbeek et Evere.

Face aux réclamations, le ministre-Président Rudi Vervoort (PS) a assuré que le gouvernement tiendrait compte des "craintes légitimes qui se sont exprimées dans ce dossier". Depuis juillet 2020, perspective.brussel travaille ainsi à l'élaboration d'une nouvelle mouture du PAD, notamment en termes de densité, de mobilité et de préservation de la biodiversité.

Sur ce dernier point, la Région s'est accordée ce jeudi sur la création d'un nouveau parc, "biopark", exclusivement dédié à la biodiversité. Cela permettra de conserver le milieu de la friche ouverte, facteur essentiel de la biodiversité actuelle, sur 1,25 hectare. Ce nouveau parc public, qui sera géré par Bruxelles Environnement, s'intégrera au Wadipark, au Spoorpark et aux talus déjà existants qui sont maintenus dans le nouveau projet. Au total, 5,05 hectares du site seront ainsi transformés en parc. Pour ce qui est des espaces verts, ils occupent désormais 40% de la superficie du projet, soit près de 13,5 hectares.

En termes de densité, l’urbanisation du site a été revue en fonction de l’augmentation de la place réservée à la nature : deux noyaux habités localisés au nord et au sud-ouest du site réunissent l’ensemble des logements, avec une baisse conséquente de la surface brute hors sol de 17%, à l’échelle du PAD, et de 19% pour la seule fonction logement. Concrètement, cela se traduit par la suppression de près de 400 logements (1 200 logements contre 1 600 logements précédemment). 323 logements sociaux et 215 logements moyens sont notamment prévus.

Le projet de PAD permet par ailleurs l’implantation d’un tout nouvel équipement scolaire et sportif intégré qui sera développé par la commune de Schaerbeek. Ce complexe mutualisera la salle de sport entre l’école primaire et l’école secondaire qui seront installées sur le site de part et d’autre du chemin de fer et réunies par une passerelle publique. La baisse de la densité et la reconfiguration de l’espace en deux noyaux habités au nord et au sud du site permet d’assurer une bien meilleure mobilité dans et autour du site, assure la Région, qui entend réduire au maximum l'impact de la voiture et du stationnement privé sur le site, avec l'objectif d'atteindre progressivement un quartier sans voiture.

Quant au rapport sur les incidences environnementales (RIE), il a été complété et actualisé pour déterminer précisément l'impact environnemental des modifications décidées par le gouvernement, précise ce dernier. "L’ambition du projet modifié est d’amplifier encore la vocation durable du site Josaphat, en intégrant mieux les différents enjeux climatiques dans le cadre d’un aménagement qui réponde notamment aussi aux besoins bruxellois en logements accessibles", souligne Antoine de Borman, directeur général de perspective.brussels.

"J’espère que ce projet totalement remanié permettra de poursuivre avec sérénité le développement de cette zone stratégique tout en apportant des réponses fortes et des garanties solides aux demandes légitimes qui ont émanées de l’enquête publique. Contrairement à ce qu’on peut lire ou entendre, l’accord de ce jour démontre à nouveau l’effet utile des enquêtes publiques. Et c’est inédit à Bruxelles : une nouvelle enquête publique est prévue en septembre et constituera une occasion supplémentaire pour les Bruxellois(es) de s’exprimer sur le projet de PAD remanié", se réjouit Rudi Vervoort.

De son côté, le Bral, un mouvement urbain pour un Bruxelles durable, se réjouit des intentions affichées mais reste sur ses gardes. "Il y a une amélioration des plans donc je pense que notre lutte a été écoutée, précise Steyn Van Assche, collaborateur développement urbain et environnement Bral. Je suis heureux d'entendre ces intentions qui vont dans la bonne direction mais je suis encore inquiet quant au plan concret et à l'implantation des logements. On n'a pas encore de vue sur le plan global et on a peur qu'ils construisent sur l'un des endroits les plus importants en terme de biodiversité."