La Ligue bruxelloise pour la santé mentale a présenté mercredi au cinéma Palace, boulevard Anspach à Bruxelles, 9 projets pour épauler les soignants et les jeunes dans la traversée et les contrecoups de la crise sanitaire. Elle appelle la Commission communautaire française (COCOF) à prolonger leurs financements après le 30 juin et pour une durée de minimum 3 ans.

Ces projets sélectionnés en juillet dernier ont été financés pour 10 mois à compter du 1er septembre. Ils ont été portés par 16 acteurs de la santé mentale parmi lesquels la Ligue bruxelloise pour la santé mentale, mais aussi L'Entr'aide des Marolles ou encore le service de santé mentale Anaïs à Schaerbeek. "Cette subvention supplémentaire a constitué pour nous une opportunité d'enrichir nos dispositifs et d'en inventer de nouveaux pour répondre au mieux à la crise", a expliqué un membre de l'équipe d'un projet pour jeunes du service Santé mentale à l'ULB (Université libre de Bruxelles). "Nos équipes ont été très motivées et sous pression pour répondre à la crise psychique différée par rapport à la crise Covid.(...) L'impossibilité de poursuivre les projets dans de bonnes conditions dès le premier juillet 2021 sont, dans le climat actuel de la pandémie, source d'inquiétude de par la discontinuité des prises en charge vitales pour les jeunes en souffrance aigüe". 

Selon un membre de l'équipe d'un projet pour soignants mené par ce même service à l'ULB et le centre médico-psychologique du Service social juif, "lorsque les chiffres épidémiologiques repartent à la hausse, nous observons systématiquement un ralentissement des demandes. Dans les temps de crise, il n'a pas été aisé pour le personnel hospitalier de s'accorder le temps d'entamer un suivi psychologique. De plus, nous faisons l'hypothèse que les besoins de suivis psychologiques s'intensifieront fortement dans le temps d'après la pandémie". En sept mois, six projets ont touché plusieurs centaines d'adolescents et jeunes adultes et trois autres plus de 300 professionnels de l'aide et du soin. Le projet d'accompagnement développé par le centre Chapelle-Aux-Champs et le centre de guidance d'Ixelles s'est notamment déployé dans 27 institutions de soins aux personnes, dont une maison de repos à Woluwe-Saint-Lambert où le personnel était meurtri par la perte de la moitié des résidents. 

Au CHU Saint-Pierre, outre des supervisions d'équipes, 29 suivis individuels ont été entamés et des permanences psychologiques ont été assurées au sein même de l'hôpital durant les vagues de l'épidémie. Avec le projet Mosaïque, plus de 300 consultations ont été effectuées à Evere et Auderghem pour les jeunes en difficulté entre 13 et 30 ans.