Surcharge de travail (entre 150 et 200 dossiers par assistant social), manque de concertation sociale, absence de matériel pour travailler de la maison : les travailleurs du CPAS de Schaerbeek n’en peuvent plus. Le 3 mars, la CGSP a déposé un préavis d’action et de grève, indiquant que la charge de travail social et administratif a explosé en cette période Covid et que l’employeur ne met pas les moyens humains et techniques nécessaires à disposition.

Le syndicat souligne la nécessité d’engager des travailleurs sociaux : "Il en manque actuellement sept au cadre et il en faudrait huit de plus." Il demande par ailleurs une meilleure communication avec les travailleurs. "Une concertation préalable avec les travailleurs concernés par la réorganisation (deux départements sont en train d'être fusionnés, NdlR) est nécessaire. Un arrêt temporaire de cette réorganisation est aussi indispensable afin de résorber le retard dans le travail et permettre aux travailleurs de travailler dans de meilleures conditions."

Le 5 mars, le syndicat a rencontré la direction du CPAS. "Elle propose un arrêt de seulement trois semaines de la réorganisation ainsi que soixante PC portables qui devraient arriver d’ici la fin du mois d’avril. Ils n’ont visiblement pas compris que pour les travailleurs il n’est plus possible de continuer dans de telles conditions ! Les travailleurs débuteront les arrêts de travail dans les jours qui viennent."

Le conseiller communal Cédric Mahieu et la conseillère CPAS Artina Robaj dénoncent un malaise social persistant. "Les équipes sont épuisées et les services de base ont du mal à être rendus, tant par les équipes de première ligne, que par les équipes des maisons de repos. L’absentéisme reste important, les équipes ne sont toujours pas complètes, sans parler des cadres qui sont exsangues depuis deux ans et du secrétaire général qui a été remplacé avec beaucoup de retard suite à sa mise à la pension", fustigent les élus CDH.

De son côté, la présidente du CPAS Sophie Querton (MR) pointe l'augmentation des demandes faites au CPAS. "On est bien conscient que le travail social est de plus en plus difficile et que les effectifs viennent à manquer en raison de la charge de travail grandissante. On essaie de recruter des assistants sociaux mais ces profils sont en pénurie."

Concernant la fusion des deux départements, elle assure que syndicats et travailleurs sont consultés. "J'entends les résistances au changement, on ne sait pas encore bien comment tout ça va s'articuler mais je constate aussi une adhésion des équipes. Il est vrai qu'on doit améliorer la communication et la planification de la réorganisation pour que les travailleurs soient en confiance."