Accusé de meurtre, le trentenaire dit avoir secoué sa compagne pour la “sortir du coma

BRUXELLES Les grandes stratégies ont pris cours, hier, devant la cour d’assises de Bruxelles-Capitale, au moment de tirer au sort le jury qui tranchera sur la culpabilité de Mohamed El Haddadi, né au Maroc en 1981. L’intéressé répond de meurtre par strangulation, accompagné d’innombrables scènes de tortures, un crime présumé commis sur sa compagne, Annelise Calonne, le 3 décembre 2009.

L’accusé est un habitué des cours et tribunaux, pour avoir été condamné à sept reprises déjà à des peines de prison pour coups et blessures sur ses compagnes, braquages et stupéfiants, tant à Bruxelles qu’à Charleroi.

Comme on pouvait le prévoir, les avocats de la défense, Mes Gilles Vanderbeck et Didier De Quévy, ont récusé un maximum de femmes qui étaient appelées à siéger dans le jury. Les plaideurs redoutent en effet qu’elles puissent s’identifier trop facilement aux calvaires endurés par la victime qui, avant de décéder, était souvent rossée à sang. Par contre, le procureur général, Yves Moreau, a essayé de sélectionner un jury féminin pour sensibiliser au maximum les juges d’un jour à la tragédie à laquelle la jeune femme n’a pas survécu.

Le contexte général du dossier est celui de la toxicomanie lourde de l’accusé et de la disparue. Tous deux consommaient abondamment de l’héroïne, de la cocaïne, de la méthadone, du cannabis et du Rohypnol. Aussi, la défense a essayé de privilégier dans le jury des travailleurs sociaux, psychologues, sociologues ou criminologues.

Au contraire, le procureur général a essayé de se départir au maximum d’un tel jury. Au final, la défense a déjà marqué un point en ne gardant que cinq femmes dans le jury. L’avocat de la famille de la victime, Hugues Hiernaux, n’avait pas voix au chapitre quant au droit de récusation. Ainsi le veut la loi.

Le crime présumé est particulièrement horrible. Annelise Calonne a succombé à une strangulation, après avoir été assommée et torturée. Elle a été mordue à de nombreuses reprises et elle a subi des torsions mammaires. Elle a laissé une lettre d’adieu bouleversante. El Haddadi a dit l’avoir secouée pour la sortir du coma dans lequel il l’a trouvée. Au début, il niait tout.



© La Dernière Heure 2012