Le gouvernement proposera sa nouvelle stratégie régionale de propreté urbaine pour novembre 2021.

Ce n'est pas en mettant plus de poubelles sur le territoire ou en remplaçant celles-ci par des poubelles intelligentes qu'il y aura plus de propreté à Bruxelles. C'est ce que laisse entendre le ministre bruxellois de la Propreté publique et de l'Environnement Alain Maron (Ecolo) dans sa réponse à une interpellation de la députée Clémentine Barzin (MR).

Dans celle-ci, la députée rappelle que les communes de Jette, Bruxelles-Ville et Uccle ont entamé une réflexion sur la rationalisation du nombre de poubelles sur leur territoire pour réduire les dépôts sauvages et le nombre de déchets. "Les déchets attireraient les déchets", explique-t-elle. "Entre 2012 et 2018, sur les voiries régionales, les chiffres de Bruxelles-Propreté montrent que le nombre de corbeilles régionales a augmenté de plus de 1300 unités pour se chiffrer aujourd’hui aux alentours de 5.470 poubelles. Cette politique de rationalisation va-t-elle être mise en œuvre au sein de la Région?"

Dans sa réponse, le ministre a rappelé que l'objectif du plan propreté 2012-2017, soit celui de la précédente législature, était de disposer au minimum d’une corbeille tous les 100 mètres en priorité dans les quartiers fréquentés. "Cet objectif a vraisemblablement été atteint. Pour illustration, 5 poubelles se trouvent à un carrefour sur la rue Royale à hauteur du botanique. Dans certains lieux comme les arrêts de bus ou de tram, il est possible de trouver des poubelles à 10 mètres l’une de l’autre." Pour Alain Maron, "on ne peut pas se limiter ou espérer à croire que les citoyens de la ville adopteront forcément le bon geste. Celui de jeter leurs déchets dans une poubelle grâce à la simple multiplication du nombre de poubelles en rue."

Ainsi, la Région a mandaté l'Institut Bruxellois de Statistique et d’Analyse (IBSA) pour mesurer l'impact du plan propreté de ses prédécesseurs, notamment par rapport au nombre de poubelles dans l'espace public. "Dans l’éventualité d’une rationalisation, et donc d’une diminution du nombre de poubelles publiques, celle-ci devra tenir compte des différentes typologies des différents quartiers et de l’intensité de la fréquentation de ses zones", explique-t-il. Par ailleurs, le ministre précise qu'il n'est pas prévu de remplacer les poubelles classiques par des poubelles intelligentes sur les voiries régionales. Le gouvernement proposera sa nouvelle stratégie régionale de propreté urbaine pour novembre 2021.

"Aujourd'hui, deux politiques existent en parallèle : la Région a augmenté le nombre de corbeilles publiques pendant des années tandis que des communes en réduisent la présence. On est en plein mal bruxellois... Le Gouvernement doit aujourd'hui se hâter à mettre en place une vision cohérente", réagit Clémentine Barzin.