Bruxelles Les refuges pointent une vague d’abandons de chats ces deux dernières semaines.

Pour beaucoup d’entre nous, l’été rime avec vacances et donc avec plaisir. Pour nos animaux de compagnie en revanche, la période est moins festive, notamment en raison de l’abandon dont nombre d’entre eux font l’objet. "Les départs à l’étranger sont nombreux à la fin du mois de juin puis à nouveau à la veille du 21 juillet. Certains maîtres déposent d’ailleurs eux-mêmes leur animal en disant qu’ils n’ont pas trouvé de solution pour les garder", explique Ludivine Nolf, responsable communication du refuge Veeweyde, à Anderlecht.

Après une forte augmentation des abandons de chiens il y a quelques semaines, c’est maintenant aux chats d’être délaissés par leurs propriétaires. "La semaine dernière, nous avons recueilli pas moins de trente chats, dont quinze ont été trouvés et quinze ont été déposés." Le Fanal des chats, à Schaerbeek, a aussi du mal à tenir le rythme : "On a reçu au moins cinquante appels pour des abandons ces deux dernières semaines. Et on a beaucoup de chatons depuis avril. Tous les refuges sont débordés."

Même son de cloche du côté de la Croix-Bleue, à Forest, qui a accueilli environ 17 chiens et 18 chats, parmi lesquels une majorité de chats errants. "On a aussi eu quelques lapins, cinq depuis début juillet." Cette déferlante d’abandons est due à plusieurs facteurs, précisent les refuges. Outre les départs en vacances, ils rappellent ainsi que la période des naissances de chatons bat son plein en ce moment.

Problème : la majorité des chats recueillis, chatons comme adultes, ne sont ni enregistrés ni stérilisés. Depuis novembre 2017, le puçage des chats est pourtant obligatoire à Bruxelles, pour lutter contre les abandons sauvages. "Dans les faits, les Bruxellois sont loin d’être en règle : 97 % des chats que l’on recueille ne sont pas enregistrés", indique Ludivine Nolf.

En plus du manque de places disponibles, les refuges doivent par conséquent aussi faire face à une augmentation de la charge de travail. Ils procèdent en effet eux-mêmes à la recherche des propriétaires. "C’est un vrai travail de détective : on essaie d’obtenir des informations via les commerçants du quartier ou les groupes Facebook. C’est devenu un pan énorme de notre travail, heureusement que les réseaux sociaux nous aident beaucoup."

Les chats n’ayant jamais été vaccinés ne peuvent par ailleurs pas être immédiatement proposés à l’adoption. Ils sont gardés en quarantaine plusieurs semaines durant pour recevoir les soins nécessaires. "Pour les chatons, le stress dû à l’abandon peut être fatal. On fait donc particulièrement attention avec les petits, qu’on garde parfois trois mois à l’isolement pour être sûr qu’ils ne contamineront pas les chats adoptables."

Face à cette situation, Gaëtan Van Goidsenhoven (MR), président du refuge Veeweyde exhorte les nouveaux responsables régionaux à "mieux sensibiliser la population à l’intérêt du puçage mais aussi à mieux contrôler l’application de la loi et à sanctionner si besoin".