C'est un véritable ascenseur émotionnel que les travailleuses du sexe du quartier Nord expliquent avoir vécu ce mercredi. "A notre grande surprise, six policiers sont entrés dans chaque carrées hier après-midi pour avertir les travailleuses qu'elles pouvaient désormais travailler 24h/24, indique une propriétaire de carrée. Ils nous ont expliqué qu'il y avait trop de plaintes de riverains pour nuisance : comme certaines travailleuses habitent en Flandre et qu'il n'y a plus de trains à 1h du matin, elles restent dans la rue et font du bruit."

Présentes dans le quartier pour distribuer des kits de protection (gel et masques), deux bénévoles d'Utsopi (Union des travailleuses du sexe organisées pour l'indépendance) confirment. "On était intriguées par ces policiers qui rentraient dans chaque carrée donc on a été leur demander ce qui se passait et ils nous ont dit qu'ils venaient prévenir les filles qu'elles pouvaient travailler toute la nuit mais qu'elles avaient interdiction de faire le trottoir, sous peine d'une amende, précise Marie. J'étais tellement étonnée que je suis revenue une deuxième fois dans le quartier pour être sûre que j'avais bien compris."

A 1h du matin pourtant, des policiers seraient revenus dans le quartier pour s'assurer de la fermeture des carrées. "Les femmes étaient tellement heureuses d'avoir deux bonnes nouvelles sur la journée, les kits et la possibilité de travailler la nuit, surtout au vu de leur situation précaire, et puis ça a été la douche froide. L'après-midi, on leur dit qu'elles peuvent travailler la nuit et huit heures après, on leur dit l'inverse."

Du côté de l'administration locale, la version est toutefois sensiblement différente. La zone de police Bruxelles Nord assure ainsi qu'il s'agit d'une rumeur. "Nous avons vu passé cette rumeur sur les réseaux sociaux mais nous ne pouvons pas la confirmer. On ne comprend pas la raison pour laquelle ça circule car des policiers n'ont pas été envoyés pour cette raison-là. Il est possible que des agents étaient dans le quartier dans le cadre de nos contrôles réguliers mais c'est tout", commente la porte-parole de la zone Audrey Dereymaeker.

"C'est une intox : l'horaire de travail n'a pas changé, les carrées doivent fermer la nuit, à partir de 1h du matin. Nous sommes actuellement dans une période transitoire pour informer et sensibiliser les travailleuses au respect des règles en vigueur. A la fin du mois, nous entrerons dans une période répressive. Les personnes qui ne respectent pas les règles risqueront donc des amendes administratives", indique le bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir.