1 Zinne = 1 Euro

Les monnaies citoyennes ont pour but de soutenir l’économie locale, circulaire et éthique de là où elles circulent. Elles sont des alternatives à l’Euro et son utilisation permet de fonctionner en réseau fermé. C’est-à-dire que l’ensemble de la monnaie reste sur le territoire bruxellois. Le but est de contrer les effets de la spéculation financière.

Les citoyens dépenser leurs zinnes auprès de 205 prestataires très variés : commerces, bar, boulangeries, fournisseurs, restaurants, vétérinaires, épiceries,... Depuis peu, le cinéma Nova en fait également partie. «Certains prestataires ont faits faillite suite au Covid, mais on a pu avoir un soutien de la ville de Bruxelles pour en trouver de nouveau. On a autant de prestataires de biens et de services mais aussi des fournisseurs pour aider a boucler les boucles économiques », explique Agathe Salmon, membre du collectif fondateur de la Zinne. « Avec la crise, nous sommes déjà contents d’être restés en vie ». Les prestataires sont sélectionnés pour leur intérêt envers les circuits courts, l’environnement, l’artisanat,... ce qui permet par là d’orienter le consommateur vers des produits responsables.

La grande nouveauté, c’est le paiement digital qui arrive en fin d’année via une application et un QR Code. Chacun pourra convertir automatiquement ses Euros en Zinnes sur son téléphone. Pour l’instant, il suffit de se rendre dans un des 40 comptoirs de change pour se procurer des Zinnes version papier. « Les deux vont cohabiter ».

Bilan après 2,5 ans en circulation

Nous nous sommes rendus chez plusieurs commerçants qui acceptent la Zinne comme moyen de paiement. Selon Agathe Salmon, cette monnaie est plus concentrée sur quatre communes : Bruxelles centre, Saint-Gilles, Ixelles et Jette.

« Personne n’a jamais payé en Zinne chez nous », explique Suzanna, la gérante de Oh Lou Lou!, un magasin de cosmétique au centre-ville. « Je pense qu’il y a un manque de communication car la plupart des gens ne connaissent pas » ajoute-t-elle. Selon elle, le payement électronique est un pas en arrière dans les valeurs d’une monnaie locale car la société tend à faire disparaitre les monnaies papiers.

Chez Parpaing, Biocam et le magasin de vêtement Lokal, trois commerces situés dans le Centre-Ville, aucun client n’a avec des Zinnes cette année. Selon les gérantes, c’est la communication qu’il faudrait travailler car pour elles, la circulation d’une monnaie locale est une bonne idée pour l’économie. « La plupart des gens sont curieux et me demande ce que c’est mais ils ne connaissent pas », explique Camille, la gérante de Biocam.

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Un futur pour la Zinne ?

« Notre plan est d’élargir toujours plus notre réseau. Il faut qu’on communique au max pour que les Bruxellois soient au courant », cinfie Agathe. Une stratégie qui sera d’autant mise en oeuvre dès l’instauration du payement électronique.