Les bourgmestres d’Ixelles et de Bruxelles-Ville misent sur la coopération entre leurs deux communes pour faire avancer le projet.

C’est l’une des artères commerçantes les plus importantes du pays. L’avenue de la Toison d’Or et le boulevard de Waterloo seront réaménagées dans les prochaines années. Moins de voitures, plus de lien et de verdure : l’objectif de modernisation est, en théorie, partagé par tous. Mais dans les faits, pas si simple de concrétiser tout ça. En mai dernier, Pascal Smet (one.brussels), alors ministre en charge de la Mobilité et des Travaux publics, a déposé un premier projet faisant la part belle aux cyclistes et aux piétons. Le 30 août, les commerçants ont répliqué avec un contre-projet prévoyant la construction d’une large agora au centre de l’artère. Jugée incomplète par l’administration régionale, leur demande de permis a cependant été rejetée fin octobre.

Aujourd’hui, les bourgmestres d’Ixelles et de Bruxelles-Ville tiennent à faire front commun. “Les problématiques ne doivent pas être traitées séparément parce que ce sont deux communes différentes. Pour que le projet soit réellement ambitieux, il faut avoir une vision globale sur la ville”, précise d’emblée Philippe Close (PS). Son homologue ixellois, Christos Doulkeridis (Ecolo) poursuit : “C’est un peu une relation 2.0 entre les communes et la Région : notre devoir est d’être capable de nous parler pour pallier la complexité institutionnelle.”

Les deux hommes jugent les projets présentés modernes mais pas assez ambitieux. “On est sur la bonne voie mais il faut donner envie. Penser la jonction est indispensable. Entre la Toison d’Or et le boulevard de Waterloo et entre le haut et le bas de la Ville, à travers le parc d’Egmont.” Pour cela, ils visent la transformation du centre de l’artère en véritable espace public. “Le projet de la Région était trop minéral, estime Philippe Close. Que ce soit avec des œuvres d’art, un parc ou un bâtiment avec une fonction culturelle ou de logement, il faut investir cet espace pour le faire vivre.”

Quant aux bandes de circulation, réduites à 2x1 bande dans le projet régional et 2x2 bandes dans celui des commerçants, leur nombre découlera du projet central, selon Christos Doulkeridis. “La connexion doit être à la base du projet. Lorsque l’aménagement du centre de l’artère tiendra la route, le nombre de bandes à prévoir sera clair.” Il n’empêche, l’objectif affiché reste la réduction du nombre de voitures. “Le projet des commerçants avait de l’ambition dans l’aménagement du centre mais prévoyait 2x2 bandes, ce qui rend la jonction difficile entre les deux artères. Le projet régional réduisait à une bande mais ne pensait pas assez la jonction.”

Dans les deux cas, un problème de taille persiste selon eux : la non-considération de la Porte de Namur. “Elle doit être englobée dans le projet pour qu’on puisse accompagner le flux de voitures et éviter que la rue de Namur ou la chaussée d’Ixelles ne se retrouvent prises d’assaut.” Les deux bourgmestres invitent la Région à capitaliser sur les points communs entre les deux projets.” Il ne faut pas repartir à zéro. Mais on doit faire mieux en termes de jonction pour que le centre du boulevard devienne une vraie place publique.”