Bruxelles Un mail de recrutement a été envoyé à 24 recrues en janvier. Il a été suivi, un mois plus tard, d'une lettre d'annulation.

Pompier, voilà un métier qui en fait rêver plus d'un. Pour 24 Bruxellois, ce rêve allait devenir réalité. Le 25 janvier dernier, à 9h27, ils reçoivent un mail leur annonçant qu'ils font partie des recrues qui entreront en fonction au SIAMU le 1er juin 2019. Enthousiasmés par la nouvelle, plusieurs d'entre eux n'hésitent pas à déposer leur préavis, certains de pouvoir changer de métier dans quelques mois. Oui mais voilà : le 20 février, un deuxième mail leur est envoyé. Il leur explique que le plan de recrutement du personnel du SIAMU n'a pas encore été approuvé par le gouvernement et que leur engagement est donc suspendu.

Sous le choc, plusieurs ex-recrues craignent de se retrouver sans emploi et alertent leur syndicat. "Mon téléphone n'a pas arrêté de sonner. Ce n'est pas normal de traiter les gens ainsi, je ne comprends pas comment le SIAMU a pu laisser passer une telle bourde", condamne Eric Labourdette, président du secteur Zones de secours du SLFP.

De leur côté, la secrétaire d'Etat Cécile Jodogne (Défi) et la direction du SIAMU sont bien embêtés. Ils commencent par exprimer leur désarroi face à cette situation, affirmant ne pas savoir ce qui s'est passé. "On ne sait pas si c'est dû à un dysfonctionnement ou à une erreur humaine. J'attends un rapport prochainement", précise Christophe T'Sas, directeur de cabinet de Cécile Jodogne. 

Dans un second temps, le cabinet change de cap et affirme que le recrutement est en fait autorisé, assurant que 24 personnes seront bien engagées en juin prochain. Il minimise la situation : "Je ne sais pas si les procédures ont été respectées mais on a connu des dysfonctionnements bien plus graves que celui-ci. Le préjudice a directement été rectifié." 

Pour rappel, chaque année le SIAMU engage environ 70 personnes pour remplir au mieux ses missions. Cette année, c'est le recrutement de 72 personnes qui était prévu, en trois phases : "24 francophones doivent être recrutés en mars, 23 néerlandophones en avril et 24 francophones en juin", explique Eric Labourdette. Un plan du personnel dont le budget doit être approuvé par le gouvernement. "Nos besoins à Bruxelles sont très importants donc nous sommes obligés d'avoir un plan du personnel très ambitieux", précise Phong Hang, responsable communication des pompiers de Bruxelles. En plus d'un renforcement de leur effectif de terrain, les pompiers visent ainsi une augmentation du personnel administratif. 

De gros moyens qui nécessitent un budget conséquent. "Nous avions un accord avec le cabinet pour le recrutement de 48 personnes. Celui des 24 dernières restait donc hypothétique." Cette information n'a cependant pas été communiquée à tout le personnel : "En raison d'un manque d'organisation, une équipe a lancé le plan de recrutement et a donc envoyé une confirmation aux 24 recrues potentielles, sans savoir que le plan devait être réévalué pour des raisons budgétaires. Quand on s'en est rendu compte, on a gelé ces engagements." 

A l'heure actuelle, le SIAMU dispose d'un accord oral du cabinet de la secrétaire d'Etat pour engager ces 24 recrues en juin prochain. L'accord doit encore être formalisé. Des mesures seront prises pour qu'une telle erreur ne se reproduise plus promet le SIAMU.