En première ligne dans la lutte contre la "précarité énergétique", les CPAS vont être directement impactés par cette hausse des prix de l’eau annoncée par Vivaqua. Des concertations ont cependant eu lieu entre l’intercommunale, les centres d’action sociale et le cabinet d’Alain Maron (Écolo), en charge de l’Énergie, afin de réduire l’impact via des "mesures sociales".

Parmi ces mesures : l’augmentation du financement du "fonds social de l’eau". Actuellement, la contribution au fonds social est de 3 centimes par mètre cube d’eau. Le cabinet d’Alain Maron nous confirme que l’objectif est "d’augmenter ce fond social de 66%, passant de 0,03€ à 0,05€/m3".

L’argent de ce "fonds social de l’eau" est ensuite réparti via les 19 CPAS bruxellois. "Il ne faut pas nécessairement être déjà bénéficiaire du CPAS pour bénéficier du fonds social. Quiconque reçoit une facture d’eau et est dans l’incapacité de la payer peut aller CPAS de sa commune pour demander une intervention, même ponctuelle. L’objectif est que personne ne se retrouve sans eau. Il ne faut pas avoir honte d’aller au CPAS demander une aide", explique Georgy Manalis, responsable de la Fédération des CPAS Bruxellois. Cette aide peut prendre la forme d’un remboursement total, partiel, d’un étalement…

Parallèlement à cette intervention financière, les centres d’action sociale veulent travailler sur la "politique préventive" liée à la consommation d'eau. "Le bâti bruxellois est dans certains milieux vieillissant, avec parfois des surconsommations anormales. C’est parfois simplement un joint trop ancien d’une chasse d’eau…", explique le responsable. Les CPAS vont donc entreprendre des audits et évaluations pour aider les ménages à diminuer la facture.

Cette augmentation de l’eau intervient cependant dans un contexte économique déjà difficile, avec une augmentation du prix d’autres ressources comme le gaz et l’essence… et une crise sanitaire qui a affaibli financièrement de nombreux ménages. Si les demandes de revenus d’intégration sociale ne semblent pas (encore ?) "exploser" dans la capitale, les demandes d’intervention pour les factures énergétiques sont quant à elles déjà bel et bien en augmentation selon les estimations de la Fédération des CPAS.