Dans son plan stratégique visant à améliorer la propreté publique à Anderlecht, le collège entend procéder à une vaste réforme fiscale. Cette réforme vise d’une part à diminuer le poids de l'impôt sur le travail et d’autre part d'augmenter l’impôt sur l'immobilier, principalement à l’égard des multipropriétaires. Les additionnels à l'impôt des personnes physiques (IPP) passeront de 5,9% à 5,5%. Les additionnels au précompte immobilier (PRI) passeront de 3.000 à 3.250 centimes. Dans le même temps, une prime de 40€ sera octroyée aux propriétaires occupants leur bien pour compenser la hausse du précompte.

Du côté du groupe MR dans l'opposition au conseil communal, on fustige l'absence de débat démocratique dans ce dossier. "L’amélioration de la propreté et de l’entretien de nos rues et de nos espaces verts est un enjeu qui doit tous nous mobiliser", explique le chef de groupe Gaëtan Van Goidsenhoven. "Nous ne percevons pas clairement les garanties que les moyens qui vont être récoltés seront réellement dévolus à une amélioration sensible de la propreté à Anderlecht. Il n'y a eu aucun débat au sein du conseil communal et la manière avec laquelle ce dossier est mené nous paraît ne pas respecter les procédures démocratiques. Encore une fois, on a l'impression qu'on utilise cette période de crise sanitaire pour éviter les débats sur le fond."

"Une grande réforme fiscale nous est jetée à la figure sans aucune consultation. C'est un très mauvais signal et ceux qui redoutent le retour d'une rage taxatoire peuvent être légitimement inquiets. Ce sont des procédures d'un autre âge, ultra dirigistes et dignes de ce qu'on pouvait connaître dans les années 80. On sait que les équilibres de fiscalité sont délicats et manifestement, on ne veut pas en débattre et on essaie de nous prouver par des calculs simplistes, qui nécessiteraient des examens complémentaires, que personne ne va le ressentir. On regrette la méthode. La propreté a un coût, nous en convenons, mais se lancer aujourd'hui dans une grande réforme fiscale sans avoir eu un véritable débat, c'est faire les choses à l'envers", conclut-il.