Bruxelles Le PTB veut encadrer les loyers régis par les pouvoirs publics. La Ville de Bruxelles justifie ses augmentations de loyers.

Les loyers de la Régie foncière sont trop chers, dénonce le PTB bruxellois dans une récente étude. D’après leurs calculs, la différence du prix moyen d’un loyer à la Régie foncière est supérieure de 15 % par rapport à l’évolution de l’inflation entre 2005 et 2018. Plus en détail, les loyers des appartements trois chambres sont supérieurs de 23,8 % à l’évolution de l’inflation sur ces treize dernières années. De 15,34 % pour les appartements deux chambres et de 10,94 % pour les appartements une chambre (voir tableau). Le prix des studios a, lui, suivi l’inflation.

Comment le PTB a-t-il réalisé ses calculs ? "Nous avons pris le montant total des loyers si l’on avait juste suivi l’inflation que nous avons comparé avec le montant total des loyers de la Régie foncière", explique la députée bruxelloise PTB Françoise De Smedt. "Par exemple, pour le studio, la masse des loyers est égale au nombre d’appartements (410) multiplié par le prix du loyer si l’on avait juste suivi l’inflation, soit 461 €. La masse totale des loyers des studios de la Région foncière atteint donc 189 010 euros en 2018 si l’on ne prend en compte que l’augmentation de l’inflation. Nous avons ensuite fait le même calcul mais avec le prix du loyer appliqué par la Régie, soit 468 €. Ce qui revient à une masse totale des loyers des studios de 191 880 €. Soit une différence de 1,5 %."

L’étude du PTB ne détaille pas les écarts selon la classe de logement. La Régie foncière met en effet en location des appartements à destination des classes moyennes, des classes moyennes avec conditions de revenus, des appartements avec contrats de quartier. Néanmoins, "cette étude prouve que les loyers de la Régie foncière sont trop chers de 15 %", commente Françoise De Smedt. "C’est aux pouvoirs publics, y compris au niveau local, d’agir pour garantir à tous le droit au logement. Cette différence impacte surtout les familles avec enfants qui occupent un appartement de deux ou trois chambres. Si la grille contraignante du PTB était en application, une famille locataire d’un 2 ou 3 chambres verrait son loyer passer de 743 à 629 euros par mois en moyenne, soit une différence de 114 euros par mois !"

Pour le PTB, la Ville de Bruxelles doit donner l’exemple. "L’augmentation des loyers de la Ville de Bruxelles pompe le pouvoir d’achat de ses locataires pour un deux chambres de 1 368 euros par an. Nous voulons rendre ce pouvoir d’achat à ces ménages." Comment ? En appliquant un encadrement des loyers gérés par les pouvoirs publics. "Cela aurait un impact positif sur le reste de l’immobilier puisqu’il influencerait à la baisse l’ensemble des loyers, y compris ceux du privé." Sauf que cet encadrement des loyers ne figure pas dans l’accord de majorité bruxellois.

Au cabinet de l’échevin Mohamed Ouriaghli (PS), on confirme les chiffres du PTB, tout en précisant que ces tarifs restent 15 % moins cher que le marché et que le loyer n’augmente que lorsqu’il y a un changement de locataire. Par ailleurs, la Ville donne trois raisons à cette hausse supérieure à l’inflation.

"Nos loyers sont calculés sur base du coût de construction. Depuis 2006, nous construisons surtout du passif et du basse énergie. Or cela coûte plus cher à construire. Mais le locataire s’y retrouve car ses charges énergétiques diminuent largement. Ensuite, nous avons aligné les loyers pour les appartements dits subsidiés. On s’était aperçu, en 2005, qu’il existait des différences de loyer pour des biens de même type. Enfin, quand un locataire part, on rénove appartement. Puis on rectifie le loyer."