Bruxelles D’ici 2050, les propriétaires bruxellois devront rénover leur logement pour qu’ils répondent aux cinq mesures de la stratégie rénovation. Dès l’an 2025, le certificat PEB qui consiste à évaluer de manière globale la performance énergétique d’un bâtiment deviendra obligatoire. C’est l’une des mesures phares de ce que le Gouvernement bruxellois appelle “la stratégie réno”, adoptée il y a un mois et présentée ce mardi. Explications.

Le 25 avril dernier la Région bruxelloise a accouché d’une feuille de route longuement étudiée qui donne les multiples voies à suivre pour réduire drastiquement la consommation d’énergie des logements de la capitale aux horizons 2030 et 2050. Pour devenir une société bas carbone d’ici une trentaine d’années, comme le veut le Plan National Énergie Climat (PNEC), la consommation moyenne des 573 276 logements bruxellois ne devra plus dépasser 100 kWh par mètre carré par an, soit un peu plus de 3 fois moins qu’actuellement.

Concrètement, ça se traduira par l’établissement obligatoire d’un certificat PEB pour tous les logements d’ici 2025. Les propriétaires devront ensuite réaliser au maximum tous les 5 ans une des interventions obligatoires préconisées, soit l’isolation de la toiture, de la façade, la rénovation du système de chauffage et l’isolation des caves.

Dans le contexte du PNEC 2030, Bruxelles devra réduire ses émissions de gaz à effet de serre d’au moins 32 % et de minimum 80 % à l’horizon 2050. Le secteur résidentiel et les bureaux représentant 74 % de la consommation énergétique de la Région bruxelloise, le gouvernement a voulu adopter une stratégie de réduction de l’impact environnemental du bâti existant. “Parmi les quelque 574 000 logements bruxellois, 85 % ont été construits avant les années 60 et 30 % ne sont pas isolés du tout. La stratégie rénovation bruxelloise entend réaliser cet immense potentiel de rénovation”, explique la ministre du Logement Céline Fremault (CDH).

Sur une période de 30 ans, la stratégie rénovation sera amenée à mobiliser plus de 30 milliards d’euros pour la rénovation et restauration des bâtiments bruxellois. “Ces moyens seront apportés d’une part par le secteur privé via la mobilisation du capital existant et d’autre part par le public dont les moyens seront utilisés à la fois pour créer un effet levier financier et pour aider les Bruxellois à réaliser les investissements nécessaires”, précise Joël Solé, chef de la division énergie de Bruxelles Environnement. Et la Région précise également que toutes les exigences fixées par la stratégie rénovation seront systématiquement accompagnées de mesures de financement et d’accompagnement des ménages vulnérables. “Comment, on ne le sait pas encore. C’est une décision que doit encore prendre le gouvernement. Nous avons plusieurs pistes, comme par exemple étendre et amplifier les primes énergies et les prêts verts et les rendre plus accessibles.”