Bruxelles

La principale prévenue est soupçonnée d'avoir recruté de très jeunes femmes au Nigeria, dans la région de Bénin-City. Elle risque 15 ans de prison.

Le procès des onze membres présumés d'un réseau de prostitution nigérian s'est ouvert aujourd'hui devant le tribunal correctionnel de Bruxelles. 

Les peines demandées par la juge contre les onze inculpés viennent de tomber. Et elles sont lourdes. Le juge a ainsi réclamé 15 ans de prison ferme contre la mère maquerelle. Les autres prévenus risquent entre 5 et 10 ans de prison. Parmi les inculpés figurent trois propriétaires teenodois. Le juge a requis, à l'encontre de chacun d'entre eux, 40 mois de prison. argument avancé par la juge : avoir sciemment donné la gérance de leur carré à la mère maquerelle. En d'autres termes, ils ne pouvaient pas ignorer à qui ils avaient confié la gérance des carrées. 

Le verdict final est attendu le 17 avril. 

Pour mémoire, l'organisation était active à Schaerbeek et visait des femmes très jeunes ainsi que leur famille. Le parquet devrait réclamer la saisie de 2,5 millions d'euros à l'encontre de la principale prévenue. Le réseau avait été démantelé début mai. Les enquêteurs de la police judiciaire fédérale avaient perquisitionné des dizaines de lieux à Schaerbeek et ailleurs en Belgique.

La principale prévenue est soupçonnée d'avoir recruté de très jeunes femmes au Nigeria, dans la région de Bénin-City, en leur promettant un avenir doré. Après une séance vaudou lors de laquelle elles devaient jurer de se soumettre à la proxénète, les victimes étaient emmenées en groupe jusqu'à la côte libyenne.

A leur arrivée en Europe, elles étaient immédiatement contraintes à se prostituer pour rembourser un montant établi. A Bruxelles, cette somme allait jusqu'à 45.000 euros. Si elles tentaient de fuir ou ne se montraient pas suffisamment dociles, des membres de leur famille au Nigeria étaient menacés, violentés voire tués.

Au total, les enquêteurs ont pu identifier une trentaine de victimes. Ce réseau nigérian est loin d'être le premier à être mis au jour en Belgique. En septembre, le tribunal correctionnel de Bruges avait ainsi condamné huit individus impliqués dans des activités similaires à des peines allant jusqu'à neuf ans de prison.