Bruxelles compte une vingtaine de restaurants sociaux. Petit tour d’horizon.

“Table 2, vous voulez de la soupe ?” Au fond de la salle, trois personnes se lèvent, plateau à la main. Arrivées au comptoir, elles donnent leur ticket à un bénévole qui leur tend en échange un bol du précieux mélange, aujourd’hui à base de légumes verts. “Table 3, quelqu’un ?” A la première table, Lucien et Xavier attendent patiemment leur tour. “Le vendredi, notre table passe en dernier.” Une fois la soupe terminée, le tour des tables reprend pour le plat principal cette fois.

A la carte aujourd’hui : poisson et pommes de terre rissolées accompagnés de quelques légumes. “C’est bon ! Mais c’est sûr que pour le prix, on ne va pas se plaindre”, commente Lucien. Ce repas complet, soupe et plat principal, lui a coûté 2 €. “Heureusement que les restos sociaux existent !”, s’exclame-t-il avant de poursuivre, sur le ton de la confidence : “Par contre, s’ils pouvaient un peu varier leur menu, ça nous ferait plaisir.” A La samaritaine, dans les Marolles, le vendredi est souvent le jour du poisson, le mercredi celui des pâtes bolognaise. “Ce que nous proposons provient de dons de banques alimentaires et de partenaires”, précise Ingrid Payan, coordinatrice d’aide alimentaire.

Ouvert du lundi au vendredi, le restaurant propose un petit déjeuner pour 0,50€ le matin et un repas du midi pour 2 €. “Notre cuisine est trop petite pour cuisiner donc on prépare la soupe chaque jour et Les petits riens nous fournissent les plats principaux.” Dans le nord de la ville, le cuistot de Resto Jet affiche aujourd’hui des saucisses à la carte. Chaque jour, il propose un menu consistant pour 2 €. “Comme on est tributaire des invendus qu’on récupère, on ne peut pas prévoir de menu. Depuis quelques mois, on poste le plat prévu le lendemain sur Facebook pour que les gens n’aient pas à se déplacer”, indique Nicolas Schkoda, coordinateur du resto.

Le plat du jour à RestoJet ce vendredi, servi à table à Franco. © BAUWERAERTS DIDIER

La Fédération des services sociaux comptabilise une vingtaine de restaurants sociaux en Région bruxelloise. “Il y a aussi une dizaine de restos communaux mais ce n’est pas tout à fait la même chose. Pour nous, seuls les projets qui proposent un repas de maximum 4 € peuvent être considérés comme des restos sociaux. Le but est vraiment d’aider les personnes qui n’ont pas beaucoup de moyens”, explique Brigitte Grisar, de la Concertation aide alimentaire.

Parmi ces restaurants, certains font de l’insertion professionnelle. C’est le cas de Les Uns et les Autres, de la mission locale de Molenbeek. En cuisine, l’équipe est en formation. Elle propose des menus variés, à un prix adapté aux revenus de ses clients. D’autres restaurants sont liés à des centres de jour, comme RestoJet : “Notre mission ne s’arrête pas une fois que les gens ont fini de manger, le but est avant tout de créer du lien et de répondre aux besoins de nos bénéficiaires.”

La samaritaine, elle, est un resto de quartier. “Comme il y a beaucoup de logements sociaux dans le coins, en plus des repas, on propose des activités culturelles pour les riverains.” A Jette, le resto Ange gardien se démarque des autres en servant ses repas en soirée la semaine et en étant ouvert le week-end. Pour 4 €, vous avez droit à un repas complet : potage, plat principal, salade, dessert et boisson ! Et pour 3,5 €, le repas est à emporter.

Serge Pellizzaro, bénévole à La samaritaine, sert le repas du jour. © BAUWERAERTS DIDIER