Le gouvernement bruxellois a décidé, jeudi dernier, de se donner six mois pour revisiter les principes d'aménagement de la rue de la Loi et de ses abords, à la suite de l'enquête publique menée fin 2019 et des récentes annonces des institutions européennes quant à leur stratégie immobilière. La Commission européenne a récemment fait part de son ambition de réduire la superficie de bureaux qu'elle occupe à Bruxelles mais n'envisage pas de quitter la capitale belge, selon le commissaire européen au Budget et à l'Administration, Johannes Hahn.

Lors d'un entretien récent avec le ministre-président bruxellois Rudi Vervoort, le secrétaire d'Etat bruxellois à l'Urbanisme Pascal Smet a indiqué que la Commission européenne comptait maintenir le télétravail dans une proportion limitée, et envisageait de quitter un certain nombre d'immeubles satellites au cours des prochaines années.

Le commissaire Hahn s'était refusé à en dire davantage sur la localisation des futures implantations revues à la baisse, mais il était ressorti des propos des différents protagonistes que le Quartier européen 'historique' demeurera central dans la stratégie immobilière de la Commission.

Le projet de Plan d'Aménagement Directeur englobant la rue de la Loi, axe central du quartier européen Loi, s'inscrit dans une stratégie développée par la Région bruxelloise depuis plusieurs années, traduisant à la baisse, les décisions antérieures en termes de volume d'espaces construits et de densité.

Approuvé en première lecture par le gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale en mai 2019, il proposait, dans ses volets stratégique et règlementaire, un urbanisme nouveau faisant la part belle à la multi-fonctionnalité et aux espaces publics à travers différentes ambitions. Celles-ci portaient sur la restructuration des implantations de la Commission européenne le long de la rue de la Loi pour réduire la pression bureau sur le reste du Quartier européen; l'introduction du logement, du commerce et de l'équipement public pour aboutir à un quartier vivant y compris en-dehors des heures de bureau; et la mise en valeur de l'axe de la rue de la Loi par l'introduction de trois alignements ainsi que le développement de nouveaux espaces ouverts.

A l'automne 2019, le projet de PAD Loi a été soumis à une enquête publique. Les nombreuses réclamations et le débat public engagé au lendemain de celle-ci ont invité le gouvernement régional et Perspective Brussels (en charge de l'élaboration du plan) à interroger certains principes d'aménagement portés par le projet de PAD Loi.

"La crise du Covid et l'incertitude qu'elle induit sur l'avenir du marché immobilier du bureau, couplée aux récentes annonces des institutions européennes, ne font que confirmer la nécessité, pour la Région bruxelloise, de prendre le temps de la réflexion et faire évoluer sa stratégie territoriale pour le quartier", ont justifié mardi le secrétaire d'Etat à l'Urbanisme Pascal Smet et le ministre-président Rudi Vervoort.

Selon ceux-ci, ce temps ne doit toutefois pas faire oublier les objectifs clairs réaffirmés pour l'avenir de cet axe important: "davantage de mixité fonctionnelle, des espaces publics de qualité et une attention toute particulière pour la rénovation du bâti existant".