Cette opération permettrait d’augmenter l’offre de logements sociaux sur le territoire.

Comme partout à Bruxelles, la crise du logement sévit sur le territoire saint-gillois. Particulièrement dense, Saint-Gilles cherche tant bien que mal à augmenter tant les logements sociaux que les logements moyens et d’en réguler les prix, qui explosent depuis peu. Pour ce faire, l’échevine du Logement Cathy Marcus (PS) a trouvé une solution qu’elle défend corps et âme auprès de la Région : revendre 250 logements de la Régie Foncière au Foyer Sud qui héberge les logements sociaux de Saint-Gilles et Forest. Explications.

La Régie foncière ne répond pas aux mêmes critères que les logements sociaux. En effet, les loyers sont fixes et déterminés par la grille régionale AIS (Agence Immobilière Sociale), et non en fonction du salaire des locataires. Par ailleurs, ce même loyer ne peut pas dépasser 40 % des revenus des locataires. “C’est pourquoi nous devons souvent refuser des locataires dont les revenus ne sont pas assez hauts, même s’ils étaient en premier dans les listes d’attente”,explique Cathy Marcus. “Ces personnes, qui répondent aux critères d’admission à un logement social, devraient se diriger vers le Foyer Sud, mais il n’y a plus de place."

L’édile propose donc de vendre une partie de ses logements à la SLRB, à destination du Foyer. “L’idée n’est pas de faire des bénéfices pour la commune mais bien d’augmenter l’offre des logements sociaux. Je veux revendre ces biens au prix d’achat.” Ainsi, le Foyer Sud passerait de 1 000 à 1 250 logements, de quoi accueillir une partie de la longue liste d’attente de la Régie Foncière. “Dans sa déclaration de politique générale, le nouveau gouvernement a déclaré vouloir augmenter le nombre de logements sociaux à Bruxelles. C’est donc une opération win-win car, à nous, ça nous permettrait de recréer de la trésorerie pour la régie et d’acheter dès lors des petites maisons au privé pour créer des logements moyens aux loyers abordables.” De cette manière, la commune espère contrer les nombreux promoteurs ou propriétaires privés qui louent leurs biens à des prix exorbitants. “Nous sommes agressés par les promoteurs et les Airbnb. Reproposer du logement moyen public, ça permettrait de sauver la vie de quartier et de faire perdurer la mixité.”

De son côté, la Région ne semble pas opposée non plus au projet. Pour la ministre du Logement Nawal Ben Hamou (PS), il s’agirait d’une des solutions pour sociabiliser du logement moyen. “C’est encore au stade de l’étude de faisabilité, mais si c’est possible, on mettra ce projet en place car c’est bénéfique pour tout le monde.”

Et le directeur de la SLRB Yves Lemmens de conclure : “Il faut encore se prononcer sur le prix et la qualité des logements, ce n’est pas encore fait. Mais nous sommes intéressés par toute opération qui permet d’augmenter le patrimoine social à Bruxelles.”